vendredi, 10 juillet 2009
Le blog change de crémerie
Marre des pubs, de la présentation étriquée et du vilain bleu turquoise ? Et ben nous aussi alors on plie nos blogages et on se casse.
La suite ça se passera par là : CLIK CLIK CLIK LA LA LA ou bien pour ceusses qui veulent taper eux même : http://www.kalanag.com/blog/
Déménager sur Internet, c'est presque comme dans la vraie vie, faut du temps pour déballer les cartons et puis il ya toujours quelques trucs qui se perdent en route. Je pense que ça va bugger, planter, merdoyer par ci par là pendant quelques temps et puis après tout rentrera dans l'ordre implacable et la discipline de fer que nous avons l'habitude de pratiquer...
21:51 Publié dans Le voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 27 juin 2009
Brazil...
Nous avons encore une fois été aspirés, engloutis, accccaparés, attirés, possédés, subjugués et même plus encore, par l'attrait de cette nouvelle contrée sur le nouveau monde. Nous commençons donc une nouvelle vie, brésilienne cette fois ci et pour vous prouver que c'est la vraie vérité on a même un numéro de téléphone portable local. Comme vous avez tous le ultra méga haut débit à la maison, pourquoi ne pas laisser vos doigts se balader sur le clavier de chez Skype ? (Mollo tout de même, il y a 5 heures de moins chez nous que chez vous).
Depuis l'étranger c'est le 00 55 71 88 74 53 82.
Koikonfai sinon ? Du cheval, de la gastronomie, de la boulimie fructivore, de la promenade et aussi de les cours de portuguèche. Il pleut des cordes mais par 25°C y a point de souci.
A bientôt pour des news plus fournies.
17:18 Publié dans Le voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mardi, 23 juin 2009
L’Atlantique en Kala napé lit ou presque
Voici comme promis un article long comme une transat...

Le lundi 27 avril, après quelques jours sur l’île de Saõ Antao en compagnie de Pierre, Fred et Marie nous quittons le Cap Vert pour nous plonger dans la grande aventure vers le Brésil.

Ca y est c’est parti pour la première traversée de l’Atlantique pour Kala nag et son équipage. Qu’on déroule le tapis rouge !
Mais les capverdiens se sont plantés, il était bleu foncé le tapis, et puis drôlement froissé en plus, pas du tout classe. Plutôt une vilaine moquette mouillée, aux accros déferlants. Le tout accompagné d’une bise d’au revoir bien claquée et dont le maximum atteindra tout de même presque 60 nœuds. Du slip de bain-pétole-moteur à la grand voile affalée et mouchoir de poche à l’avant il ne sera pas passé 10 minutes…
Nous voilà tout trempé, tout salé, le cheveu poissé de sel, prêts pour la plique. Ce nouveau mot nous a été offert par Fred qui l’a lui-même extrait de son gros Robert (celui avec des pages).
Bref, ce n’était pas du tout le départ que nous avions imaginé mais l’océan a-t-il déjà été attentif à nos souhaits ?
A 3 heures du mat, la paupière lourde, l’estomac serré et la bouche pâteuse, s’annonce la rengaine du « keskeujfoula » et « komenonvafair » pour tenir un mois. Mais vous ne m’aurez pas inutiles ritournelles, je connais la réponse : ça va le faire nickel, il suffit de patienter gentiment deux ou trois jours pour s’amariner et être en forme. Alors, tais-toi et regarde plutôt les étoiles…

Nous sommes le 29 Avril, nous passons à 500 miles au large de la Casamance. Je pense à vous amis de là-bas, villageois et voiliers. Dans la solitude de la nuit, je revis les bons moments, je sens l’odeur de la brousse, le goût du bounouk et le plaisir de toutes ces amitiés partagées. Je n’oublie pas; Dans la cabine avant mon petit baobab veille sur ma mémoire, et d’ailleurs il se porte très bien, il a fait de nouvelles feuilles.
On a sorti notre gros ballon de spi, Kala nag s’est transformé en luge jaune et c’est exactement à ce moment là que la plaisance est devenue le pied absolu. Pour vous mettre dans l’ambiance appuyez sur play.
C’est le coup de foudre entre l’éléphant et les alizés. Nous retrouvons la magie éphémère de la symbiose entre mer et marins, le temps n’a plus cours. Tous les deux seuls dans l’immensité, nous voudrions que cela dure toujours.


On dévale la piste de spi, et paf font les latitudes.
8°N, 7°N, 6°N ,5°N, un degré par jour les doigts dans le nez en éventail, parce que en éventail dans le nez ça fait trop mal. Arrivés vers le 5°N, il n’y a plus grand vent mais bon gros spi avec un deuxième tangon bricolé dans le mat de planche à voile fait tellement bien son job qu’on a mis tous les autres en RTT : au lit le génois et la grand voile.
Nous ? On ne fait plus RIEN, ah si mais que des choses plaisantes comme lire, cuisiner puis manger, rêvasser, se baigner, jouer sur l’ordinateur. Grâce à notre infaillible détecteur de radar, nous roupillons allègrement à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Il faut dire qu’il n’y a pas grand monde dans le coin… Il y a bien Solène et Antoine quelque part, on ferait bien une belotte mais impossible de les trouver, ils sont trop rapides !

On croise parfois un cargo et on lui dit :
« Cargo, cargo, cargo du voilier, voilier, voilier, nous voyez vous ? »
« Voilier, oui nous vous voyons, petit point sur le radar, est-ce que tout va bien ? Vous êtes là pour le travail ou bien ? »
« Le plaisir Monsieur ! On fait du spi en maillot de bain. »

4°N, 3°N, 2°N, nous voici en bas des pistes et là on s’arrête inexorablement chez le pote au noir. C’est le pote de tout ceux viennent spier dans le coin. Il habite vers l’équateur, vautré d’est en ouest à transpirer de l’océan. Il fait des petits boulots pour les gens qui passent comme le plein d’eau, le nettoyage du pont et des voiles, lessive, piscine à 29°C avec douche rafraîchissante et couchers de soleil hollywoodiens. On ne vous donnera pas ses tarifs vu qu’il bosse au noir…


Malgré ses activités, il ne brasse pas d’air et nous voici très encalminés, totalement calmés, pas du tout minés voire même câlinés par ce bon pote. Si on l’écoutait on resterait là des lustres, c’est plus confortable que bien des mouillages. Nous inventons le Kala napé lit, qui permet de dormir sous les étoiles, jeter un œil aux instruments voire barrer tout en étant au lit, ce dispositif est en cours de brevetage et sera bientôt disponible à la vente chez Accastillage MC.
Lors de nos fréquentes baignades dans l’eau à 30°C et par 5000 m de fond, le gouffre bleu que laisse deviner l’eau parfaitement translucide donne un peu le vertige. Il y a toujours quelques occupants à observer sous la coque : petit banc de poissons, rémora collé pour un voyage à l’œil et si paisible qu’on peut le caresser. Des anatifes se sont accrochés et commencent à pousser de toute part. Ils prennent un coup de spatule mais quelques jours plus tard, tout a repoussé, alors on les laisse vivre.



1°S, 2°S, Loïc fête ses 32 ans et reçoit pour son anniversaire le plein d’eau de pluie et le retour du vent ce qui nous permet de cesser les joies du moteur à explosion, merci l’océan ! De gros nuages s’amoncellent régulièrement à l’horizon, Kala nag sort sont ciré récupérateur d’eau et nous voici récupérant l’eau du ciel, nus sous le grain, les cheveux pleins de shampoing.


3°S, 4°S, 5°S les alizés de sud-est soufflent doucement et par intermittence. Kala nag se traîne et on s’en fout, on est bien. Ca fait quinze jours aujourd’hui que nous sommes partis, nous croisons un cargo, le premier depuis une bonne semaine, on l’appelle, il répond de suite et semble apprécier un peu de conversation. Le capitaine est Egyptien et son second Libyen, ils sont partis d’Algérie et vont au Brésil. Ils racontent qu’aujourd’hui ils sont très contents car leurs plants de tomate ont fleuri, ils ont fait des photos. Ils m’expliquent comment récupérer les graines fraîches et les faire germer. Faire germer des plantes sur une forteresse d’acier qui consomme 55 tonnes de fuel par jour, si ça ce n’est pas de la poésie !
Ils sont intarissables de questions sur notre bateau et notre vie. Ils voudraient absolument nous donner quelque chose (sur le coup on a refusé, et puis en fait on n’aurait pas dit non pour un bon gigot de mouton), ils sont incroyables d’enthousiasme. Ils se déroutent pour venir nous voir et nous apercevons avec émotion quatre petits bonshommes qui nous saluent avec euphorie depuis la passerelle. Pendant les quelques minutes de notre brève rencontre océanique, ils sont là avec nous, brisant notre solitude, leur navire de 150 mètres de long frôlant Kala nag.

A part ces quelques échanges avec les cargos, la BLU (genre de radio qui capte hyper loin) est notre seule voix sur le monde. Nous l’allumons parfois pour écouter RFI (Radio France Internationale). Un jour, nous attrapons en route l’histoire de la grippe porcine (l’histoire pas la grippe), le H5chaipakoa et une fois l’inquiétude des premiers moments passée, l’info nous laisse perplexe puis, au bout de quatre jours, elle nous fait carrément pitié. Les journalistes africains sont eux outrés : la pandémie qui menace des riches tue 20 personnes sur la planète et on ne parle plus que de cela pendant que la pandémie des pauvres, le paludisme, fait plusieurs millions de morts par an. Quoi de mieux en période de crise que de vendre des millions de vaccins pour faire tourner le business ? Clic fait le bouton de la radio en retournant sur Off et si on lisait un bon livre à la place ?

6°S, une immense bande de dauphins vient nous rendre visite, et reste à nos côtés malgré notre faible vitesse. Ils sont cinquante, peut être cent à bondir, piailler, jouer. Pendant plus d’une heure nous nous relayons avec masque et tuba à la traîne derrière le bateau. C’est la première fois que nous pouvons si bien « nager » avec eux, ils sont parfois une vingtaine à nos côtés sous l’eau. Ils s’approchent à quelques mètres pour nous regarder. Celui qui est sur le pont a droit à toutes sortes de figures aériennes. Encore un merveilleux moment dans le grand océan qui semble si souvent tout vide.
7°S, 8°S, 9°S, le Kala napé lit est replié, la tranquillité est rompue par des grains parfois violents mais il n’y a toujours pas trace des alizés du sud-est, qui les a pris ? Rendez-les nous ! Encore un coup d’Antoine et Solène, à chaque fois ce sont eux qui voient toutes les baleines et gagnent toutes les belotes alors pour ce qui est du vent, je ne leur fait aucune confiance…
Vous remarquerez que nous ne parlons pas trop de pêche, et bien c’est parce que nous sommes quasi bredouilles depuis le début. Y a personne au bout du fil ! Pourtant ce n’est pas faute d’essayer. Pour l’instant, ce sont deux malheureux poissons sabre qui ont mordu, peut-être des suicidés ? On a quand même raté de peu un thazard rayé de 1,50 mètre. Ramené après une longue bataille à l’arrière du voilier, l’animal, qui était très très lourd ça va de soi, s’est libéré de l’hameçon dans un dernier coup de queue. Tant pis et tant mieux car nous n’aurions jamais tout mangé.



Au 21ème jour, il ne nous reste plus qu’une grosse centaine de milles (200 km) à parcourir jusqu’à l’entrée de la « Bahia de todos os Santos », baie de tous les saints (siliconés ?). Plus nous approchons et plus le temps se gâte. La bise de bienvenue brésilienne n’a rien à envier à la bise de départ capverdienne. Nous achevons cette transat avec un bon gros coup de vent, une mer hostile qui éclate sur le pont. La vie à bord tourne au pénible, nous achevons ce long voyage au près avec des rafales à 40 nœuds (70 km/h).

L’envie d’arriver qui ne nous avait pas encore effleurés, se précise alors très sérieusement. Demain au bout du rouleau de moquette il y aura l’Amérique du sud ! Je vous jure qu’au bout de trois semaines sur l’océan, rencontrer un continent paraît tout à fait incroyable.
Dernière nuit dans la tourmente, le temps s’égrène avec une lenteur désespérante. Somnolence, sifflement du vent, fracas de la mer, bourdonnement du pilote qui force, pépiement de l’alternateur d’arbre qui charge, entrechoquements d’objets divers, chaque bruit à sa place dans la bulle auditive du marin de quart, le moindre désordre excite la conscience. Je rêvasse, nostalgie des jours enfuis du bonheur sur l’eau, le bateau prend de la gîte, mon moulin va trop vite. Sortie expresse en slip pour ne pas tremper une ixième paire de fringues. Les lumières de Salvador apparaissent, clignotement bienveillant du phare, l’écurie n’est pas loin, courage.

Déjà, le jour se lève, nous sommes dans la passe de la Bahia, indescriptible saveur de l’air chargé d’odeurs terrestres, c’est l’euphorie à bord. A notre droite, se dresse Salvador, colline hérissée de gratte-ciels. Deux millions de personnes d’un coup seraient trop pour nous alors nous laissons Salvador pour plus tard et filons atterrir derrière l’île d’Itaparica qui malgré le temps de chien semble être si accueillante. Une petite baie reçoit notre ancre, tout s’arrête, nous avons mis 23 jours exactement. Ainsi s’achèvent plus de trois semaines vécues repliés sur nous-mêmes, dans un égoïsme jubilatoire, à l’abri du matérialisme, de la consommation et des intrigues des relations humaines, voguant au milieu d’un désert liquide sur un bateau devenu notre unique continent. Nous sommes au Brésil, une nouvelle aventure va commencer mais avant de briser la bulle, il faut savourer l’ultime récompense de la traversée, un luxe d’une rare volupté : dormir une belle grande nuit toute entière, sans quarts ni dérangements…

Trucs en vrac :
23 jours - 2285 miles (4413 km) - Moyenne de 4,1 nœuds (7,4 km/h…)
Une heure à la barre chacun tout le reste sous pilote automatique.
100 litres de gasoil pour le pote au noir.
La pêche : deux sabres et deux bonites à ventre rayé.
Ce que nous avons aimé lire :
Le port de la mer de glace, L’ombre du vent (Carlos Ruiz Zafon), Tueur en série et autres histoires (Sepulveda), Fondation (Azimov), 1984 (Orwell), Dune (Herbert), La maîtresse des épices (Chitra Banerjee Divakaruni), Le vendeur de sang (Yu Hua), Moon palace (Paul Auster), Le voyage à Nanga (Jorn Riel), Le dernier homme (Margaret Artwood).
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jeudi, 21 mai 2009
And the winner is...
... Fred !
Il gagne notre grand jeu concours "combien de temps pour traverser" avec un pronostic de 23 jours et 18 heures.
Nous sommes arrivés hier après-midi au Brésil, à Itaparica, une petite île de la baie de Savador de Bahia, aprés une longue et belle traversée de 23 jours. Tout s´est bien passé, nous sommes heureux et fatigués.
Promis on vous raconte tout après la sieste. La bise à tous.
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jeudi, 23 avril 2009
Ate logo Cabo Verde
Ouh ça fait bien longtemps que nous n’avons rien écrit sur ce blog. Il faut dire qu’ici on ne retrouve pas le luxe du confort de la Wifi gratuite à bord comme à Ziguinchor.

Au Cap Vert nous avons bousculé nos habitudes de lenteur et fait une grande virée dans tout le nord de l’archipel. Ca nous a permis de fêter nos retrouvailles avec l’océan tout bleu. Nous nous sommes repus de plongée et chasse sous-marine, de balades, de planche à voile, de mouillages déserts dans des paysages dingues. Encore un coin perdu, qui n’a rien à voir avec la Casamance, et qui est même assez loin de l’ambiance générale africaine, mais qui possède un charme propre doucement envoutant...


Il y a les îles désertes et désertiques, où il fait bon mouiller sous le vent, dans la baie turquoise pleine de mérous qui rêvent de faire un tour en poêle à frire. On se balade sur les volcans endormis en essayant de ne pas les réveiller.



Il y a des îles paradisiaques conquises par le tourisme et qui ne seront bientôt plus fréquentables pour les amoureux d´espaces vierges.


Il y a des îles vertes et des petits bleds hors du temps oú il fait bon randonner et se taper des courbatures pendant quatre jours après. De Carriçal à San Antão, nous avons vagabondé tranquillement.




Il y a des moyens poissons avec des grandes dents qui viennent se prendre à l´hameçon laissé (exprès) sous le bateau la nuit avec un poisson entier et un sac d´appât à côté...


Le vent des alizées souffle en permanence, avec de bonnes petites rafales à près de 50 nœuds. Arrivés avec un mouillage bouffé par la rouille après trois ans d’usage quotidien, nous avions le sommeil un peu inquiet. Heureusement nos chers amis Yann et Albane, après quelques péripéties regrettables, ont réussi à nous en faire parvenir un tout neuf des Canaries via Pierre et Laurence sur leur voilier Mangaia.

Et puis comme on n’est pas fous on avait aussi commandé entre autres bricoles, un gros jambon des Canaries, il s’appelle Jamon Perez, c’est devenu un équipier à part (presque) entière. On compte bien sur lui pour la transat même si il semble maigrir de plus en plus. Peut être le mal de mer ou l’angoisse de la traversée?



Au registre des emmerdements de la vie quotidienne du navigateur de base : une panne inexpliquée du détecteur de radar, l’indispensable Mer-Veille, qui nous a été remplacé avec beaucoup de gentillesse et de confiance par la société Ciel-et-Mer qui le fabrique. Trop sympa, merci. Et puis le gros œil du radar, que nous avions largement encensé dans notre précédant message, est soudain devenu bigleux après seulement 48h en émission (!). C’est un peu la tuile pour l’ambiance quarts de nuit dans le canapé avec un bon bouquin mais on cherche la panne, épaulés par Furuno, très prévenants aussi. Faut bien leur faire un peu de pub pour une fois que des SAV sont aimables…
Ces derniers temps tout se met à déconner sans préavis, je fini par penser que nous avons du traverser un champ d’ondes cosmiques, encore un coup des extra-terrestres, les chacals. A moins qu’un Pékinois ne se soit niché quelque part dans les soutes…

Grâce à nos gri-gris africains anti envoutement nous n’allons pas rester deux ans au Cap Vert. Chose incroyable nous allons même partir d’ici trois quatre jours traverser la Tlantique. Et ouais, tous les trois comme des grands (ben y a Jamon perez), même pas peur.
Nous nous préparons dans la baie de la petite ville de Mindelo où des airs de musique Cap-Verdienne arrivent en permanence portés par les rafales de l’alizée. De bonnes petites soirées à boire du pontch local dans les rades de pêcheurs en compagnie d’Antoine et Solène, avec qui nous faisons route sur Brésil, ponctuent les journées bricolage-avitaillement.


Et devinez qui a pointé sa belle étrave hier ? Arznael ! Le voilier que nous avions remonté du Sénégal en France il y a deux ans. Maintenant il est à Fred et Marie et vu qu’il connaît le chemin, il se dirige à nouveau vers le Sénégal. Heureuses retrouvailles de dernière minute.


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jeudi, 05 mars 2009
Houleuse tisane
Petite bande sonore propice à la lecture :


01h23 - Considérant l’immensité chaotique de l’océan et la longueur du quart de nuit, nous décidons qu’une petite tisane ferait du bien. Je nous traine donc à la cuisine, ou du moins au plan incliné avec pluie salée par le hublot, qui sert de cuisine. L’eau chauffe, la bouilloire siffle, je verse.
Main droite dit : « T’inquiète je tiens le bol brulant ».
Main gauche dit : « Attends je remets la bouilloire à sa place ».
Et ma tête leur dit : « C’est pas raisonnable, ça va mal finir, chacune son tour »
Etonnamment c’est souvent la tête qui a raison mais qui parle en dernier.
Plof la tisane vole sur une vague scélérate. Je vous l’avais dit ! Elles n’écoutent jamais rien.
Au deuxième essai, l’opération réussi. Je récupère pieds et mains et envoie ma carcasse précédée de ladite tisane en direction de la descente. Toute cette équipe est lourde à trainer, je me sens comme un gosse qui apprend à marcher. C’est pas bien loin mais le type de la fête foraine a encore mis les montagnes russes au max.
« Qu’est ce que je fous là ? ». Euh, c’est pas le moment, mauvaise question, faut envoyer la tisane en lieu sûr avant qu’elle trempe un truc indispensable. Et puis c’est quoi cette question ? On s’en fiche tu y es alors ferme ta tête et bois ta tisane.
Je m’extrais dans le cockpit, ça mouille. Je me sens comme…
Comme quoi tiens ? Après analyse, je me sens comme une aubergine trop mûre dans une cagette qu’on secoue. Allez, vendu, c’est pas mal l’aubergine et puis la couleur me plait beaucoup. Et vous, comment vous sentez vous sous vos couettes dans vos lits immobiles ?
Ferme ta tête on t’a dit !!! Regarde plutôt les étoiles.


Après deux jours de montagnes russes, on fini par s’y habituer et recommencer à faire des trucs incroyables comme cuisiner une purée en sachet avec un bocal de bœuf carottes maison (et oh c’est dimanche quand même !).

Pendant ce temps là le bateau se prend de grosses vagues qui s’écrasent bruyamment sur la coque. Après tout ces mois de saison sèche, Kala nag a grand soif et en profite pour boire de l’eau de mer par tous les trous. Ca dégouline un peu partout là où il ne faut pas (table à carte, boitier électrique, coussins tout propres…). Ca ressemble à ça un bateau au près :


Il est trois heures du mat’, je viens de me faire un bol de bananes écrasées avec du lait, la classe. Tiens aujourd’hui, en sortant de ma couchette et de sa toile anti-roulis, je me sentais comme une valise en soute, la soute d’un taxi-brousse africain.
J’attends que le temps passe, Loïc prendra le relais à 5h00. Les quarts sont moins durs depuis que nous faisons quatre heures chacun. Je fais 17h-21h00, Loïc 21h00-01h00 et ainsi de suite. Bon il faut dire que depuis que le régulateur d’allure fonctionne nous avons plein d’électricité pour faire tourner le gros œil du radar et du coup on ne sort plus beaucoup.

Tout ce temps libre est mis à profit du sport cérébral type Sudoku, mots fléchés, lecture, somnolence et grignotage. Grignotage prémédité à l’épicerie toubab de Ziguinchor et comportant quelques produits de luxe comme les carambars. Carambars qui comme chacun sait fournissent en plus de leur magnifiquement collant caramel, une large gamme de magnifiques blagues. Citation :
« Un homme et un chien sont sur un bateau. Le chien pète, l’homme tombe à l’eau et se noie. De quelle race de chien s’agit-il ? »
Réponse en cliquant là. Ceux qui zauront pas compris n'ont qu'a aller s'acheter un paquet de Carambar.
On adore ! Du coup fini le tabou du lapin (quelle guigne j’ai écrit lapin lapin lapin sur Kala nag), mais sus au Pékinois. Ca fait belle lurette que les lapins ne grignotent plus nos coques, à moins de l’apparition d’OGM genre lapin-ester, lapin-acier ou lapin-treplaqué, nous sommes à l’abri. Je pense donc que l’ennemi numéro un actuel du marin est bel et bien le Pékinois, méfiez vous en. Vérifiez bien que vous n’en êtes pas infesté, sinon appelez vite notre numéro vert 00 221 45554342332 (53€/mn) pour une dépékinisation en ligne.
Bref dans l’hilarité générale, merci à nos sponsors Carambar et hublokifui, il nous aura fallu quatre jours de près musclé (traduction pour non marins : plein de vent et de vagues dans la gueule) pour arriver au Cap Vert. C’était bien de naviguer, un bon rodéo, et c’est bien aussi quand ça s’arrête. Antoine et Solène sont arrivés aussi après une traversée encore plus humide qu’ils ne manqueront pas de raconter sur leur blog.
Nous voilà donc dans un nouveau pays plein de gens à l’air sympathique, de vent à décorner les beaufs et une eau transparente avec plein de les poissons dedans. C'est dingue il y en a même qui volent !

Bref, on le dira jamais assez : la plaisance c'est le pied !

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samedi, 21 février 2009
On déménage !!!
Ca y est Kala nag va bouger sa grosse coque de fainéant toute pleine de crustacés en direction les îles du Cap Vert.
Nous quittons cette chère Casamance à la fin de la semaine. Dernière soirée à Ziguinchor avec le Ouifi à bord (houi filles à bord c'est beaucoup ! comme dirait Joëlle) le temps d'un petit coup de blog après un dernier steak-frites de chez Charles et Sophie avalé goulument.
Le compte à rebours est lancé : le tour des copains pour les au revoir lacrymogènes, la liste des bidules qui déconnent, les trucs qui fuient et des les machins à remonter.




Bref on est à fond ! Le matériel d’armement sénégalais est à bord, en règle : un seau d’arachides grillées, confiture de bissap, bananes et papayes séchées sur le pont, baobab en pot, mayonnaise industrielle et moutarde qui pique, le plein de fringues multicolores et route pour l’aventure.

Nous sommes tristes d’interrompre les liens tissés en deux années ici et heureux d’aller retrouver l’océan tout bleu et de nouveaux coins à découvrir.
Nous avons terminé notre séjour ici par la visite de Guillaume et Mabé, venu pour une quinzaine trainer dans les bolons avec nous. Programme pêche promenade réussi, même si guillaume a quand même foutu ses doigts dans le guindeau. Tout ça pour se faire recoudre par nos amis militaires... On les aurait bien gardés mais ils ont préféré les feux de cheminées et les inondations à un voyage en voilier. Allez savoir !


En tout cas grâce à Mabé, on a le beau drapeau du Brazil qui va bien, homologué ouaterprouf et tout, en Bazin Riche et inscriptions tipex.

Nous enchaînâmes ensuite avec un beau et bon mariage traditionnel où nous avons dansé sous les étoiles, mangé plein de bœuf, cochon, poulet et poisson et bu plein de bounouk dans la brousse. Les mariés étaient beaux et la fête réussie. Merci les amis !



Pas facile d’être des vagabonds, c’est vraiment dur de partir d’ici, il y a un petit morceau de nous qui va rester accroché aux branches de la brousse et qui nous fera revenir un jour ou l’autre.
En attendant on se met au portugais, car s’en est fini de la francophonie pour un petit moment…
Allez ouste, on vous recause en créole depuis les îles.
Petit Quizz cado bonux de dernière ligne droite : lequel de ces individus à l'air le plus civilisé ?



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mardi, 10 février 2009
Histoire de Garage
Ziguinchor, 9h00, j’arrive au Garage. Je cherche un 7 place pour Elinkine, c'est-à-dire une 505 pourave qui fait taxi brousse pour 7 passagers. La foule des rabatteurs m’assaille.
« Toubab, tu vas où ? tu vas où ? Le Cap ? Karabane ? Tu vas où ? »
Pas folle la guêpe, je connais leurs combines et file directement au guichet. Un vieux est assis devant une table crasseuse et vend les places des voitures.
« C'est pour où ? »
« Elinkine »
« 1350 francs, première place. »
La bonne nouvelle c'est que j'ai la place une et donc peinarde à l'avant avec le chauffeur et non pas la 5, 6 ou 7 ensardinés dans le coffre. La mauvaise c'est qu'il reste six places à vendre et donc on n’est pas prêts de partir. Soit, je m’en fous. Je pose les bagos dans le coffre et m’en vais faire un tour.
Partout se trouvent de petits stands mobiles, les vendeurs de bana-bana, spécialistes incontestés de la chinoiserie à deux balles. Les articles aguichent les villageois retournant dans la brousse. J’inspecte les dernières nouveautés : plafonnier à Led, à piles et qui clignote rouge et bleu, y a même du musical !
« Madame, tu cherches quoi ? »
« Rien, je regarde »
« Mais ! Faut acheter là ! Tu vois, ça c’est bon, ça clignote ! »
« Non, non, je regarde juste »
Ils sont forts ces chinois ! Les ambulants sillonnent inlassablement le Garage avec les guirlandes de caleçons tagués au nom de grandes marques en vogue en occident. Ca déborde de Goushie par le Lacrostte et de Abidas.
« Les tongues c’est combien ? »
« Madame, c’est 3500 »
« Faut baisser là ! »
« Mais Madame, tu vois c’est des Nike ! »
Oui, oui, c’est ça. Si c’est comme ma dernière paire, c’est plutôt des niké, la semelle s’est décollée en même pas une semaine. Besoin oblige je réinvestis donc, sans grande conviction, dans de la tonguasse sino-sénégalaise.
Le soleil tape, je me pose à l’ombre près du carrosse. Un jeune ambulant qui m’a vendu des biscuits "tempo", à 100 francs le paquet (0,15€) fabriqué en Israël au pseudo chocolat presque bon, s’assied à mes côtés.
On cause. Sofiane il habite avec son père et son frère. Il fait ambulant pour ramener un peu d’argent et participer aux repas.
« Et ça gagne un peu ?»
« …un peu, un peu, ça dépend des jours »
Il achète le carton de 24 paquets à 2100 francs et revend 100 francs l’unité. Bref, il gagne 300 francs (moins de 0,50 €) tous les 24 paquets…
Des gosses crasseux tournent autour des voyageurs, spécialement attirés par la couleur de ma peau, réputée pour l’opulence de son porte-monnaie ainsi que sa compassion envers les enfants.
« Donne moi 100 francs »
« Non »
Faute de pièces, je distribue les fameux Tempo aux petits talibés. Ce sont des gosses, confiés ou abandonnés par leur famille à des Marabouts pour qui ils doivent mendier et ramener de l’argent. Les plus petits doivent 200 francs par jour, les moyens 300 francs et ainsi de suite. Il y a des tout petits, même pas cinq ans.
« Sofiane, les talibés t’en penses quoi ? »
« Ben, tu sais leur vie n’est pas bonne. S'ils ramènent pas l’argent ils se font battre fort. Ils n’ont presque rien à manger et dorment mal. Moi, je les vois tôt le matin et tard le soir dans la rue. Regarde leurs vêtements ! »
« Mais le Marabout, il ne fait rien pour eux ? »
« Seulement certains, mais ce sont des grands Marabouts et là les parents doivent payer une cotisation. On les nourrit, ils apprennent le Coran, l’arabe et le français et on ne les tape pas s’ils apprennent bien. Chez les petit Marabouts, ils sont maltraités et ils traînent dans la rue.
Quand ils seront grands ils seront des bandits » m’assure Sofiane.

Trois gosses nous collent, espérant la pitié de la toubab. Ils sont si jeunes, teigneux, cernés, portent le gros bide des enfants carencés. Ce ne sont pas des visages d’enfants habituels même si de timides sourires apparaissent le temps d’un échange de prénoms.
« Toi c’est comment ? »
« Moussa »
« Et toi ? »
« Lamine, et lui Samba »
Dans leurs boites en fer il y a quelques sucres et biscuits, dans leurs poches quelques pièces de 10 francs données par les voyageurs. Le sort de Sofiane semble soudain tellement plus enviable. Celui-ci semble lire dans mes pensées :
« Si j’ai des enfants et même si je n’ai rien, jamais je les abandonnerais comme ça. Je comprends pas les parents qui font ça »
On cause, on cause, les mamans circulent et proposent œufs durs, beignets, arachides grillées, cajous et boissons.
Finalement, le 7 places est plein. C’est Hassan qui conduit et les rabatteurs qui poussent pour démarrer. A l’essencerie, Hassan laisse le contact pendant qu’il remplit le réservoir. D’un seul coup la voiture accélère et s’emballe dans un grand nuage de fumée d’échappement. Hassan bondit et me demande si j’ai accéléré.
« Non, non, mais j’ai eu peur je voulais couper le contact »
« Ah bon ça veut dire que mon moteur est gâté »
« Gâté ? Tu peux pas réparer ? »
« Foutu, foutu, je dois en racheter un autre, ça coute 500 000, et puis j’ai aussi des problèmes de carrosserie, tu vois une aile c’est 40 000, le capot 60 000, les deux portes 200 000, ça c’est pour les copies mais 505 originale tu augmente beaucoup le prix. »
Certes la caisse est pourrie de chez pourrie, mais quelle caisse n’est pas pourrie ici ?
« Je l’ai achetée il y a cinq ans et avant elle avait fait 7 ans avec un autre chauffeur. Elle a duré tu sais, mais présentement le problème c’est que le Sénégal interdit l’importation de véhicules d’occasion de plus de cinq ans, alors on répare ce qu’on a ! »
Je lui affirme que, comme plein de français, nous n’avons jamais eu de véhicule de moins de cinq ans parce que c’est trop cher. Et quand bien même je ne vois aucun modèle récent pouvoir supporter les routes locales comme l’ont fait les braves 505 et autres modèles rustiques.
La brousse défile et Hassan conduit sa bagnole.
« J’habite là, tu viens quand tu veux ! »
A ses côtés, je lis courrier international, les guerres, la crise financière et autre Barrack Obama. Un varan traverse la piste défoncée par la saison des pluies.
On arrive au village, les gens reconnaissent le chauffeur
« Hassan, Hassan, Kassoumaye ! »
« Dis donc tu es une star ici ! »
« Ah, tu sais c’est ce qui arrive quand on bavarde »
Sur le rivage, des gars repeignent une pirogue aux couleurs du Sénégal.
« Viens manger ! ». On me tire un siège en plastique et nous voilà partageant le bol de riz et de poisson, à l’ombre des cocotiers. Une nouvelle conversation démarre.
Et ainsi de suite. Les rencontres sont si nombreuses qu'au lieu de rentrer au bateau j’aurais pu tout aussi bien prendre une pirogue et partir en Guinée, rester une semaine dans la case familiale de n’importe lequel des gars sur la plage, être invitée à un mariage à l’autre bout des bolons, partir en brousse récolter du riz… Ainsi file le temps sous les cieux de Casamance, au fil du hasard des rencontres.
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vendredi, 09 janvier 2009
Noyel à Sifoka, Nouvel an au Pélican
Et alors kesse vous avez eu pour Noël ?
On a eu plutôt beau temps, ensoleillé même, voire franchement joyeux. Au village pour la Noyel, on met le paquet, surtout quand il y a deux baptêmes le même jour. On sort les boubous neufs, on tue des cochons, on trait tout le vin de palme possible des palmiers alentours et on branche le groupe pour faire péter la sono.
Le 24, tout le monde se consacre aux préparatifs et part chercher des qui à droite à gauche. Des qui ? Ben, des cousines à Vendaye, des frères même père même mère à Elinkine, des cochons à Djoratou, moult bidons de vin de palme à Ebounkout… Les femmes se tressent, font des beignets, les hommes coupent le goret et portent les bidons de vin. La récolte du riz, abondante cette année, est presque terminée, il est temps de festoyer !

La nuit tombée, le vin de palme ou bounouk, coule à flot, on mange des gros bols de riz-cochon et la sono envoie ses décibels sous le ciel étoilé faisant danser nos pieds dans le sable. Nous battons en retraite tard et gonflés de bounouk, qui a pour désagrément de continuer à fermenter méchamment une fois ingéré…
Le 25, tout le monde est réuni sous le grand fromager pour la messe de Noyel et le baptême de deux marmots. L’église n’est pas terminée alors c’est en plein air. Derrière les fidèles une table est dressée avec beignets, jus de bissap, cocas et bouteilles de whisky. Les rares musulmans attendent à l’ombre que ça se termine.

Tout le village est là, l’ambiance monte dès l’apéro, la sono aussi, ambiance latino pour faire danser les vieux. Ca rigole, ça chahute et surtout ça danse. Nous participons avec entrain, entre deux virées au bateau pour la baignade. C’est bon Noël à Sifoka.







Allez hop un petit film rien que pour vous, avec spéciale dédicace à Yannou et Akela :
Dès les festivités terminées (pour nous car eux vont continuer encore deux jours), nous filons vers le nord pour faire un petit séjour au bord de l’océan. Nous mouillons pour dix jours accompagnés des copains Solène et Antoine et leur voilier ShagShag, Gégé, Soizic et Tom nous y rejoignent plus tard.

Sur la plage, un arbre bien touffu offre un chouette campement, en deux jours le bateau est transvasé à terre, avec étagère, marmites, et toiles de tente. On déballe tout, le hamac, les planches et l’annexe à voile, cerf volant, canne à pêche, pétanque, belotte…




Pour la pêche il faut de l’appât, la technique est simple : un creuseur et un gardien de but. Il faut fouiller les trous des crabes dans le sable qui une fois délogés, jaillissent à toute vitesse pour se réfugier dans l’eau.

C’est là que le gardien intervient armé d’une paire de Tongue et stoppe le malheureux crustacé fugueur.

Ensuite c’est une affaire de patience. La pêche porte ses fruits, enfin ses cons, puisqu'on pêche surtout des poissons chats de mer nommés localement "cons" ce qui, imaginez-vous, donne mille et une possibilité de jeux de mots hilarants.


Une murène vient quand même une nuit se prendre à notre ligne de fond. Woui mais un nouvel an sans dinde ce n’est pas un nouvel an alors Loïc se met en quête de volatile. Armé de son arc et de toute la ruse du chasseur, il se construit une cabane de camouflage au bord d’une mare d’eau douce, y mène un affût redoutable et voilà t’y pas que le matin du 31 il fait mouche sur un Pélican !

Voici donc pour vous en avant première la recette du Whelican au Pisky :
Ingrédients : un arc Décathlon à 28€ hors frais de port
Une bouteille de très mauvais Pisky à 2€
Du papier de verre pour affuter les flèches dudit arc
Une paire de botte bleu et blanches pour aller récupérer les flèches dans la mare
Dépecer le Whelican, et le couper en morceaux. Ouvrir la bouteille de Pisky et le gouter. Faire revenir les morceaux de Whelican avec des oignons. Regoûter le Pisky pour être sûr… Bref, vous prenez la recette du Canard au Whisky et vous remplacez par du Pélican et le tour est joué.

Nous ripaillâmes donc comme il se doit à cette date, autour du feu, sous l’arbre et en bonne compagnie. Le Pélican fût très bon, et les jours qui suivirent aussi.


Le séjour fût conclu par une petite virée sac au dos à la découverte d’un village inconnu et de son île aux oiseaux (visite effectuée sans l’arc), heureusement le chemin était bien balisé !




Bonne année à tous et à toutes et puis allez, comme vous avez été sage, nous vous offrons un petit cadeau de Noyel : un nouvel article du magasin Accastillage MC à prix coutant. Pour seulement 2,85€ satisfait ou remboursé procurez vous dès aujourd’hui l’EXPULSATOR®, pour télécharger le dépliant cliquez là là là lala.
Nous sommes sur le point de récupérer Mabé et Guillaume venus de France pour quinze jours à bord. Il se pourrait qu’on rigole bien, et puis plus tard il se pourrait bien qu’on file aux îles du Cap Vert voire même beaucoup plus loin par delà le grand océan, mais chut ! Kala nag ne le sait pas encore…


15:24 Publié dans Le voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mercredi, 26 novembre 2008
Bolons, cochons, barracudons et balladons
Olé !
Nous voici à Dakar histoire de nous mettre en règle pour le voilier. Affaire à suivre mais à priori en bonne voie... Que ceux qui souhaitent visiter le Sénégal ne soient pas effrayés par nos histoires. Tout voilier dispose d'un droit de naviguer de 6 mois en faisant de simples démarches à Dakar avec l'aide du CVD (club de voile de Dakar).
A part ça la planque dans les bolons n'a pas été un pire labeur puisque nous en avons profité pour fêter mon anniv' en bonne compagnie (merci pour tous vos voeux), un cochonnet s'est joint aux festivités.

Chez Yves et Soso, qui se construisent une jolie case dans la brousse, la vie est douce et nous profitons de la fin de la saison des pluies et de la beauté de la brousse, le calme, les oiseaux, l'apéro sous les arbres...




Nous sommes ensuite partis une dizaine de jours dans le nord profond de la Casamance, des petits bolons oubliés des pêcheurs (hin hin hin) et pas de village alentours. Le voilier garé à raz les palétuviers et les singes qui se balancent dedans pour de vrai. Nous sous sommes mis à l'eau et avons nagé silencieusement jusqu'à eux. Ces deux têtes roses à la surface de l'eau les ont franchement intrigué et ils sont venus à moins cinq mètres de nous pour nous examiner.

Cherchez le mât sur la photo...
Chaque balade en annexe nous a gratifié d'un beau barracuda. Merci Monsieur Rapala, ici c'est le Malboro (tête rouge, corps blanc) qui pêche le mieux. Nous avons essayé toutes les recettes possibles :
A la broche sur une lance Diola

A la poele avec oignons, noix de coco et citron vert

Ensuite la sieste sous le Baobab

Un petit jeu pour s'occuper


Une grosse trace d'un gros serpent de la grosse brousse

Bref la vie suit son cours très sympathiquement. Nous venons de retrouver plein de copains à Dakar. Nous nous équipons d'un nouveau chat pour nourrir les pythons de Casamance. en bon catholiques nous l'avons baptisé contre les puces à grand coup de shampouinage, visez plutôt la bête !

Celui ci n'ira pas sur Kala nag mais directement chez nos amis. Fini les chatons pisseurs chez nous.
On profite de la ville de Dakar et de ses merveilles. Emplettes et formalités au rendez-vous. On fomente des tas de plans machiavéliques avec les copains pour visiter tel ou tel endroit. Si on les écoutait tous, on serait déjà au milieu de l'Atlantique direction le Brésil avec trois chatons et dix mouflets. Mais on ne se laisse pas faire comme ça.


Allez à plus on retourne dans nos brousses, allez venez nous voir avec vos jolis bateaux ou vos jolis avions. Et puis si vous ne venez pas vous pouvez toujours regarder encore plus de jolies photos avec vos jolis yeux en cliquant sur ces jolis mots.

15:25 Publié dans Le voyage | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
jeudi, 06 novembre 2008
interruption momentanée de l'image...
Bon et bien j'ai oublié les photos au bateau, qui se trouve à 5 heures de pirogue de ce cyber-café poussif de la connexion et étouffant de chaleur. Alors cette fois ci vous n'aurez qu'une petite histoire, toute petite parce que le clavier à quelques caries qui entravent la fluidité du texte...

Tout d'abord quelques news des asticots de pied : Loic en a eu aussi mais nous nous en sommes définitvement débarassés après quelques jours de traitement intensif (comprimé de vermifuge ecrasé dans du Vicks pour ouvrir les pores de la peau, puis pommade antibiotique) et des démangeaisons en pagaille.
La saison des pluies semble terminée pour de bon et nous avons rangé le système de récupération d'eau et réouvert les capots. Le linge peut sècher tranquille, il ne pleuvra plus avant Juin prochain !
Nous nous baladons dans les petits bolons tranquilles et ... oubliés de la civilisation car une embrouille générale entre voiliers étrangers et douaniers locaux nous oblige à rester au frais. Nous sommes plus de trente voiliers à ne pas arriver à nous mettre en règle car les autorité semblent obstruer l'émission des papiers, malgré des dépôts de dossier en Janvier (!) et le versement d'une some assez conséquente. Bref, si ça chauffe on s'en ira dans un autre pays !
Mais pour l'instant tout est paisible et on attends avec patience africaine que les papiers soient délivrés.
Je suis donc de passage à la ville pour faire un coup d'internet, le plein de biscottes, boites de sardines et vache qui rit, m'envoyer un poulet frite et hop me voici repartie vers les bolons sauvages où se cachent pythons de 10 mètres, fauves et oiseaux multicolores. Bon d'accord on les voit jamais mais ça fait rêver les lecteurs !!!
La bise à tous et à la prochaine.
15:26 Publié dans Le voyage | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
mardi, 14 octobre 2008
Futiles reptiles
Entre la France et le bateau, il s’opère une décélération progressive, seule garantie d’un atterrissage en douceur. Six heures d’avion à réaction, puis douze heures de Ferry entre Dakar et Ziguinchor, suivies de deux heures de taxi brousse, et une heure de pirogue nous mènent à Cachouane.

Là, la plus merveilleuse partie du voyage nous attends : traverser la presqu’île à pied (avec nos 65 kg de bagages) sur les sentiers verdoyants et une fois au bord du bolon, nous déshabiller enfin et nager doucement jusqu’au bateau. Il est là il n’a pas bougé, tout jaune et tout joli. Il ne nous reste plus qu’à grimper sur son dos pour que notre maison reprenne vie.

Du réacteur au maillot de bain, du TGV à la pirogue, de Leroy-Merlin au bolon sauvage peuplé d’oiseaux (et d’un croco pas loin du bateau parait-il), il y a un monde et tant mieux.

Parfois, le ciel monte noir et en quelques minutes le vent se déchaine pendant que l'eau écume. C'est une tornade de la saison des pluies. La dernière a poussé une rafale à 130 km/h tout de même. Impressionant mais de courte durée. La pluie froide gifle la peau et rafraichit l'atmosphère. Maintenant elle remplit aussi tout seule les cuves à eau grâce à un petit système de bâche.

Le paysage a complètement changé, l’aridité a laissé place à un monde vert et vivant, plein de nouveautés pour nous. Dans les villages tous les jeunes qui étudient normalement loin de chez eux ont passé l’été dans leur familles à cultiver les champs. Fin Septembre, tout est en ordre, le riz est repiqué et grandit dans ses casiers. Il reste donc trois semaines avant la rentrée scolaire et les villageois profitent de ce temps libre pour faire la fête. Les villages organisent des rencontres de lutte traditionnelle qui donnent lieu à de grandes sessions de danses et de cérémonies. Nous remettons le bateau en état de naviguer en un temps record et partons faire la tournée des luttes avec les copains du village Ambroise et Issa. Il y a aussi les tournois de foot, les soirées « disco » au foyer des jeunes, les retrouvailles entre bateaux, bref les journées sont chargées. Et comme la clim’ est cassée et que la chaudière s’est bloquée sur max, et ben on sue. C’est nos pores qui sont contents…




Ah ! Il faut que je vous raconte l’épique vie de Ediangoumaye dit Mimiche, feu notre chat. Oui feu, car Mimiche a trépassé alors qu’elle était en gardiennage chez Yves et Soso, des copains de la brousse. Mimiche, pour ceux qui zon raté les zautres zépizodes, petite minette sauvée d’une mort de faim certaine et embarquée à bord avait fait notre bonheuw durant tout le printemps. Malgré ses oublis odorants sur le matelas de la cabine avant, on comptait bien la retrouver.

Mais voici que le sort en décida autrement :
Chez ses nouveaux propriétaires Mimiche coulait des jours heureux entre bouffe, chasse et siestes. Ne voilà ti pas qu’une nuit, Soso entendit des bruits étranges et que le matin y avait plus de chat. Les jours passèrent et toujours pas de chat. Soso trouva des herbes aplaties, et Yves aperçevut une mangouste sur la plage. Conclusion évidente: Mimiche s’était faite bouffée par ladite mangouste. Mais conclusion hâtive car quelques temps plus tard, alarmée par des bruits étranges au poulailler Soso découvrissa un Boa de deux mètres trente entrain de s’enfournifier une poule. Même bruits de lutte silencieuse et de grattements que durant la nuit fatidique de la disparition du chat.
Je vous livre ici, en avant première, les extraits du récit poignant de Yves :
« Je me mets à réparer le manche de la fourche dans l'intention de la lui ficher à travers la tête.
Du coin de l'oeil, à travers la cloison, je vois qu'il se retracte doucement en position de ressort (façon boa, façon zig-zag route de montagne). Il commence à avoir peur !
Quand je suis prêt, j'appelle Soso :
- Viens voir, si mon idée est bonne.
Elle arrive en passant devant la cage :
- Viens, il crache quelque chose !
Le temps de sortir de l'atelier, quand j'arrive devant l'animal, il est en train de déglutir la poule. Il a compris qu'il avait un blême. Et il a choisi de perdre son repas qui l'empêche de se dresser pour sortir par dessus le grillage. Impressionnant, dis, de voir cette poule, entière, glisser le long de son cou puis hors de sa bouche !
Je m'urge à ouvrir le couvercle de grillage pour lui transpercer la tête.
Le couvercle ne se laisse pas faire, je traîne. Et quand je réussis à planter ma fourche, j'attrape... la poule ! Il a eu le temps de zapper la tête.
Mais y a quand même une partie de la fourche qui lui bloque le ventre. Pas plantée, dis, même en insistant, impossible de lui percer quoi que ce soit. Et il glisse... en dessous de la fourche. Toi, tu penses tenir solidement l'animal et tu vois ta fourche reculer toute seule sur le corps du bestiau : il se casse... Il se lève, passe le grillage, redescend de l'autre côté. J'ai toujours la fourche qui lui bloque l'arrière.
- So, tiens-le...
Pendant qu'elle plaque de toutes ses forces l'arrière au sol, arrière qui imperturbablement continue à glisser sous la fourche. J’attrape mon bâton à casser la gueule au rats et souris, vais de l'autre côté du grillage et lui en fous un coup sur la gueule.
…On l'a mesuré : 2 m 30.
Son corps à continué à onduler pendant presque une heure. Il avançait tout seul poussant devant lui sa tête éclatée... Comme les poules qui courent sans tête."
Moralité : Ce n’est pas la mangouste qui avait avalé le félin mais le boa. Une question vous pend aux lèvres, Yves et Soso ont-ils mangé le boa, bouclant ainsi les maillons de la chaîne alimentaire ? Et bien non, mais la peau du reptile trônera dignement dans leur demeure.
Ma foi, plus de chat, snif, mais c’est tout de même une belle fin romanesque pour un chat casaçais. Mimiche est morte, vive Mimiche, pouët.


Bon à part ça y fait beau, y fait fichtrement chaud et puis j’ai chopé des vers dans le pied qui creusent des galeries pas jolies et qui grattent alors je file chez le doc’ pour qu’il me soigne. Pitêtre que c’est comme des tout petits boas et qu’il va prendre une toute petite foufourche pour me les massacrer… En tout cas il paraît que ce n’est pas grave du tout, suite au prochain épisode donc !



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lundi, 29 septembre 2008
Retour aux pores
Une dernière déambulation sous les néons, quelques boutiques qui nous aspirent une dernière fois, profitant de notre vulnerabilité d'européens-qui-quittent-leur-pays-développé et qui veulent surtout pas oublier d'acheter le dernier truc introuvable là-bas et puis l'avion décolle et nous propulse vers ailleurs. Quelques heures plus tard nous nous retrouvons dans la moiteur de la nuit africaine, et là tous nos pores célèbrent leur joie en libérant des torrents de sueur. C'est repartis pour de nouvelles aventures !
Il pleut et la Casamnce est toute verte, nous redécouvrons les joies aquatiques. C'est le bonheur, dans quelques heures nous allons retrouver Kala nag et sa coque plaquée huitres.
La bise à tous et à bientôt !




15:33 Publié dans Le voyage | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
samedi, 14 juin 2008
LA FRANCE ...
...CA DECOIFFE !!!

Cette année on a fait des équipes de choc.
Loïc est sur Bordeaux, joignable au numéro de son père.
Emma et Soizic sont dans la Drôme au 06 75 55 55 33. Sauf que pour l'instant ça ne capte pas là où nous sommes et donc utilisez le 04 75 21 84 52.
On fabrique des toilettes sèches et on vit dans un minuscule bled perdu dans la montagne et plein de gens sympas. Pas mal du tout !!!




A bientôt !
Emma et Loic
17:12 Publié dans Le voyage | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
samedi, 31 mai 2008
Une humeur de cochon...
A force de ne pas écrire le fil des histoires s'émousse et le lecteur se lasse mais que voulez-vous, le bolon casaçais n'est pas wifi et l'équipage est fainéant. Même le chat n'a plus coeur à sautiller avec la chaleur qui augmente chaque jour un peu. J'espère que vous accepterez quand même ces quelques histoires pas fraîches du tout...
Accompagnés de Mayo et Seydou, les copains du Burkina, nous avons remonté des tas de bolons pour aller nous perdre dans les îles du Nord de la Casamance, les îles Carones. Et comme d'hab il nous est arrivé un tas de trucs.
Nous avons d'abord rencontré la neige. Elle nous a surpris à Thiobon, il faisait un chaud de canard et les gros flocons se sont mis à voler dans le vent. Quelques heures plus tard le sol était blanc et les congères à la limite de se former. En plein mois d'Avril, du jamais vu, penserez-vous...Enfin pour nous, parce que les locaux eux c'est chaque année que les arbres géants dit « Fromagers » larguent leurs graines floconneuses sous forme de Kapok qui s'envole et recouvre tout.
Autrefois on l'utilisait d'ailleurs comme rembourrage mais problème : au contact d'une flamme, le kapok s'embrase comme de l'essence. Fumer au lit calé sur son oreiller bourré au kapok est donc moyennement conseillé... Il irrite aussi les yeux et les voies respiratoires de tout le village, mais bon c'est passager, très beau et le miel de ses fleurs est sublime. Pour parfaire l'ambiance hivernale nous nous sommes tous tapé une bonne trachéite fiévreuse. Chacun son tour et pas de jaloux. Les nuits à tousser nous ont permis de refaire l'inventaire de notre pharmacie du bord pour constater qu'il y avait tout, de la suture aux antibios en passant par les sparadraps mais pas une foutue larme de sirop contre la toux.
Un petit tour et des grands détours nous ont ramenés auprès de Philippe et Jeanne d'Arc, un couple de villageois casaçais pas facile à trouver. Je ne donne pas l'adresse mais il vous faudra mouiller l'ancre puis partir en annexe pour trouver un tunnel dans la mangrove qui vous mènera sur la terre ferme.
Vous ferez un bout de brousse avant de vous déchausser, d'enfiler votre plus beau slip de bain et de vous enfoncer dans la sente taillée au milieu des palétuviers. Comme dit l'adage : A marée basse slip de bain sec, à marée haute aisselles rafraîchies.
De l'autre côté un chemin de brousse entre palmier, anacardiers, pommiers de Cayor et moult végétaux inconnus vous mènera au village. Les retrouvailles sont bonnes, un an déjà que nous les avions vus. Radio brousse a bien fonctionné et ils sont au courant de notre voyage en voiture au Mali. Philippe est récolteur-pêcheur-agriculteur, le bounouk (vin de palme) coule à flot et nous mangeons de la raie à la sauce palmiste en famille. Leur cadette, Florence, connue l'année dernière à l'âge de deux semaines, marche et dit quelques mots avec seulement une année de plus.

On projette un grand voyage en pirogue dans les îles pour la rentrée. Philippe veut enseigner la pêche à Loïc, ils veulent nous « donner la connaissance » de la région. Nous leur avons ramené une case en toile de France (tente igloo) et ils passent la nuit dedans, plein d'enthousiasme. La palabre dure tard sous les étoiles et le retour par la mangrove de nuit avec l'eau au nombril nous permet de vérifier l'affabilité des crocodiles.
Quelques jours plus tard nous rejoignons Cati, embouchure d'un bras de mer sur l'Atlantique.
Changement de décor, plages immenses et solitude. Nous ramassons des coques et pêchons. Ambiance de vacances : siestes, natation, jeux de société et barbecue. On sort la Bilic (nm, du Breton classique, orthographe incertaine, plaque à faire les galettes bretonnes). Bref, on oublie le reste du monde et c'est tellement bon.


Après plus d'un mois d'errance joyeuse dans les bolons avec son pote H20, Kala nag tient la grande forme. Seulement, la balade est majoritairement agrémentée de riz et de poisson et voilà qu'un matin nous nous sommes réveillés avec une sacrée humeur de cochon.
De la viande ! On veut manger de la viande ! Oui mais n'y a pas de Liclerc alors il faut assumer ses envies. On a bien essayé de missioner un gars pour qu'il nous trouve des cochons mais sans résultat, pas réussi à les attraper. Ah parce que de la viande y en a partout à deux pattes, à 4 pattes, qui meugle ou grogne ou bêle mais souvent ce n'est pas à vendre ou alors ce n'est pas attrapable car les animaux divaguent librement.
Obstinés par la fringale nous sommes partis dans un village isolé trouver des cochons. Après une petite heure d'attente, il y a eu du porc à vendre. Une demi heure de plus et ils étaient au bon prix. Et puis une heure plus tard ils étaient capturés et ligotés sur une branche de bois d'arbre.
Nous sommes donc repartis chez Yves et Soso munis de deux cochonnets hurlants à travers la brousse. Grosse faiblesse dans le processus : on ne sait pas tuer, alors c'est Niombon qui s'en est chargé. Nous avons fini le boulot, grillé les poils, vidé les bestiaux et cuisiné le tout. Deux cochons pour six personnes, on avait eu les yeux plus gros que le ventre, du coup on a festoyé durant deux jours et fait des conserves.
Histoire de se secouer un peu les méninges et la caisse à outils, nous avons séjourné à la ville. J'ai été bénévole dans une étude sur la salinité des rizières et la dynamique des mangroves et Loïc a doté Kala nag d'une magnifique barre franche. Exit la barre à roue et tout son fourbi et bonjour le bon cockpit spacieux. Bonne opération pour tous les deux, les neurones et le marteau sont repartis comblés.
Nous avons ensuite eu la visite de Thierry et Jeanne. C'est eux qui ont commencé Kala nag en 1979 avec pour rêve un grand tour de l'Afrique (voir notre site). Presque trente ans après, ils sont venus à bord faire un petit tour. C'est une bien belle histoire qui nous a tous emmené là. Y'a de l'émotion dans l'entrepont. Plaisir de partager des rêves et tant d'efforts qui ont pris forme pour tous. Le temps file et ils repartent déjà, mais c'est pour mieux revenir. Zut ! ça leur a plu, ils vont revenir !!!
Pour clôturer la saison en Casamance avant un retour boulot en France, nous sommes retournés nous cacher dans les bolons.
Au programme : cure de planche à voile, balades, baignades. Malheureusement la Casamance est minée et tous mes plans ont été ruinés lorsque j'ai sauté sur une huître. Boum ! Elle a découpé mon pied et j'ai filé en pirogue chez nos gentils amis les militaires sénégalais me faire recoudre par le gentil infirmier avec son gentil fil pour buffle et pas d'anesthésie du tout. « Maintenant c'est le combat qui commence, tu vas pleuwer... » Merci pour vos encouragements cher infirmier, j'ai même pas pleuré mais j'ai bien mordu mon t-shirt !!!
Changement de programme : deux saisons de Prison Break, jeux de société, siestes.
Quinze jours plus tard je galope tout en gardant un oeil sur ces perfides mollusques. Tiens, rien que vous faire peur je vous montre la machoire d'une simple coque...
« On va faire la fête à Djembering ? Ouais !!!!!!! » Allez hop, une heure de bateau en bolon inconnu, 45 mn d'annexe dans les méandres avec fin à pied parce qu'il n'y a plus assez de fond, 30 mn à pied dans la brousse et on arrive sous les étoiles au bled. On pose les affaires chez un cousin et nous voilà de case en case à saluer des tas de gens, boire du bounouk et resaluer et bounouker et... On fini au foyer des jeunes à danser sur le m'balar, le reggae et le zouk. Non, ne vous référez aucunement à une boîte française, ça n'a rien à voir : personne n'est là pour se la péter. On vient danser parce que danser c'est bon et à plusieurs c'est encore plus fou (bon et puis draguer aussi mais ça c'est la vie non ?). Alors on danse et du coup on transpire abondamment vu qu'il fait chaud. On sort s'assoir sous le fromager et on fait des causeries pour se rafraichir. La nuit file et au petit matin il ne reste plus qu'à se glisser sous la moustiquaire pour dormir avant de reprendre les festivités. Aujourd'hui des jeunes font leur confirmation. Cela donne lieu à la liesse générale, on mange on boit et on festoie. On mange ensemble au bol à l'ombre du toit de paille de la case. Quand on a sommeil on dort, quand on veut bouger on demande la route et on part.
Je me sens vivre parmi les autres, nous sommes si différents et pourtant nos relations sont si simples. Dans cette brousse où ressurgit toute mon humanité, je sens le sol sous mes pieds, la chaleur de l'air et je respire à plein poumons. Je vis, toutes mes molécules me le disent, je suis là, présentement, la sueur coule sur mon front. Je suis dans la nature et parfois le brouhaha de ma conscience d'être humain me laisse entrevoir que je suis animal parmi les animaux, alors je comprends mon appartenance et envoie mes racines plus profondement dans la terre. Le présent c'est maintenant, profitez-en
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jeudi, 20 mars 2008
Les Bijagos
Et vous voilà partis pour lire une très très longue note, courage !!!
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Kala nag file, heureux, vers la grande eau bleue qui se cache derrière la passe du fleuve Casamance.
Il se sent revivre, après ces six mois d'abandon au fond du bolon. Après un long voyage en voiture, un fabuleux mariage et un sacré carénage le voici de nouveau fringant.

Dans la passe nous sommes trois voiliers, l'un part vers le Cap Vert et nous partons avec l'autre vers la Guinée Bissau.

Sur Goazen, il y a Guy, capitaine et président de la France de Casamance, Micha un baroudeur de passage et Issa de Cachouane. Chez nous il y a Soizic, monitrice de la colo de Kala nag, Ediangoumaye, le chaton mourant de Marie et puis nous.

Histoire de comment le chat a aterri à bord alors qu'on en voulait pas :
Je passe à la case de Marie chercher mon sac de linge, un chaton crasseux allongé sur le flanc semble mourant.
Marie, il a quoi ton chat ?
Je sais pas, y en avait deux l'autre il est mort.
Ah bon mais il est malade ?
J'sais pas, mais il mange pas.
Le chaton se traine et fouille fébrilement le sable, visiblement affamé.
Marie, il a l'air d'avoir faim ton chat, pourquoi il mange pas ?
Oui, il mange pas parce que j'étais pas là depuis une semaine!!!!!!!!
Non d'un miaouchat, ni une ni deux je m'empare de la pauvre bête affamée et demande l'autorisation de la soigner. Et voilà comment Ediangoumaye le chat a mis les pattes à bord. Après deux jours de convalescence, il était impensable de le remettre aux mains de la terrible loi de la brousse et il est parti naviguer avec nous. Couvert de puces nous l'avons d'abord oint de pétrole, puis enfermé dans un sac plastique rempli de Baygon (la tête étant en dehors du sac je précise), nous l'avons lavé au produit vaiselle, badigeonné les pattes de Rhum, essayé de laver les tâches au White spirit mais rien n'a aussi bien marché que quelques heures de pince à épiler. Il a survécu à tous nos traitements farfelus et se porte à merveille, il pisse dans l'évacuation de cockpit et nous ronronne des trucs pendant les quarts.

A bord c'est l'euphorie, tout le monde est content de partir faire un tour au large. Nous avons bossé comme des fous pour remettre les bateaux en service pour ce départ décidé à l'apéro une semaine auparavant. Il faut dire que les îles Bijagos nous font rêver depuis longtemps, depuis la construction même de Kalanag. Ca sent le départ pour la grande aventure : on collecte les quelques infos des rares voiliers a y avoir mis la quille, on ravitaille le bateau comme si on partait traverser l'Atlantique, on épuce le chaton pourri au max et on chope la bonne marée pour sortir du fleuve, c'est parti !!!



Nous voici dans l'océan, la brise est portante, le bateau glisse, il fait chaud, tout le monde est fantastiquement heureux. Paresse d'un jour d'été océanique. Je voudrais que ça dure pour toujours. A 13h00, aux premiers gargouillements d'estomac, une carangue coubali vient poliment se prendre à nos leurres et fini rapidement sa vie en Carpaccio et darnes. La nuit est si douce qu'un pull suffit. De loin en loin nous appelons Goazen par VHF, tout glisse pour eux aussi.




Après deux jours et demi nous arrivons en vu de l'archipel des Bijagos au large de la Guinée Bissau. Nous sommes émerveillés et un peu effrayés car hors des chenaux battus. Nous avons bien sûr les cartes marines et un guide anglais incomplet datant 1995 mais nous en ignorons la précision de ces informations. La navigation demande de la vigilance car aux Bijagos il y a de la roche donc des récifs, il y a des bancs de sable, beaucoup de courant et un marnage important. Nous abordons notre première île déserte avec beaucoup de circonspection, c'est là qu'être à deux navires fait du bien (en plus Goazen passe devant, il est en acier et dériveur). L'archipel est constitué de plusieurs dizaines d'îles dont la plupart sont vierges. Nous mouillons devant Poilao, îlot d'un kilomètre carré recouvert d'arbres gigantesque. Nous ne débarquerons pas car nous ne sommes pas encore en règle et ne préférons pas tester l'affabilité des autorités locales.

Le lendemain le grand chenal nous mène vers Bubaque, la ligne de pêche en cours de démêlage se tend brusquement dans les mains de Soizic et nous remontons une carangue à plume de 9 kg. Elle est belle, c'est notre plus grosse prise de tout Kala nag. Il nous faudra une heure et demi pour venir à bout du dépiautage. La chair est rouge comme du boeuf, Soizic et moi pataugeons dans le sang et le bonheur de cette pêche miraculeuse. La tête et les chutes en carpacio nous assurent le repas de midi. Le reste, cuit en pavés à la poële, nous fait dîner à six. Les eaux sont vraiment poissonneuses, on se fait piquer un paquet de leurres, les bestiaux coupent les cables d'aciers, ouvrent les émerillons, y'a du gros, du très gros.


La mer et les îles dans leur état naturel, n'est ce pas un trésor inestimable à notre époque ? Comme le dit un récit anglais : il est incroyable de trouver des crocos et hippopotames de mer à 40 miles au large du continent africain.
Le mouillage devant Bubaque est de toute beauté, falaises rouges luxuriantes, plages de sable blanc, eau turquoise. Coup de bol c'est Carnaval traditionnel et la petite ville est en fête pour trois jours. Les autorités aussi et ils nous racketteront patiemment de quoi payer leurs bières. Nous quittons Bubaque un peu énervés mais munis des visas d'un mois et de l'indispensable droit de navigation.


La première partie du voyage nous mène vers les hippopotames des îles du sud. Nous rentrons dans de petits chenaux grâce à l'annexe de Guy qui part en reconnaissance munie de son sondeur à ventouse.

Nous mouillons devant de larges bancs de vases et le débarquement n'est pas toujours facile. L'avantage des bancs c'est qu'il y a plein de coques dedans. On s'en fait des rails entiers tellement c'est bon.

La journée c'est expédition : dans le sac de l'explorateur il y a de l'eau, du répulsif insectes, l'aspivenin, les jumelles, l'appareil photo et parfois même le GPS. A terre les mouche tsétsé (gros taons) viennent souvent nous sucer le sang. Le premier contact m'a valu un pied gonflé pendant deux jours et les suivants des bouffioles de moins en moins grosses mais qui grattent à fond. L'exploration nous a fait découvrir une cascade d'eau salée dans un petit bolong, des chemins d'hippos que nous suivons plein d'espoir, des villageois en panne de groupe électrogène le jour de la finale de la coupe d'Afrique de foot qui nous demandent de réparer.


Bref la vie s'écoule le long des plages de sable blanc, dans la savane humide et les mangroves. Les Ibis sacrés, martin-pêcheurs pygmés, serpentaires, hérons en tout genre, pélicans et autres volatiles peuplent les îles. La peur des requins nous empêche de nous baigner et pourtant il fait très chaud...
Nous laissons tomber les hippos pour rejoindre Canahbaque. Au passage devant Bubaque les autorités locales nous foncent dessus en zodiac pour contrôler nos papiers. Inamicaux au possible, nous sommes bien contents d'être en règle. Trois chalutiers coréens viennent d'être arraisonnés pour pêche illégale. Des histoires de saisie de drogue circulent, bref il ne fait pas bon trainer à la ville. (Plus tard des histoires de saisies de drogues et autres nous déciderons à quitter le pays sans repasser par Bubaque.)
Au mouillage, houleux, devant Canahbaque nous jouons à Robinson en parcourant les immenses plages désertes. Il y a des traces fraîches de tortues venues pondre et nous passons une nuit à la belle étoile à essayer de les surprendre.


Nous cherchons en vain des sentiers pour pénétrer à l'intérieur de la forêt mais celle ci est souvent impénétrable. Après quelques quelques kilomètres en plein cagnard nous rencontrons des pêcheurs qui nous indiquent le chemin du village. Comme souvent ils nous réclament argent et médicaments. L'un d'entre eux a les pieds bouffés et un autre une plaie dégueulasse à la main. Dans nos maigres échanges verbaux en simili-créole et langage des signes nous comprenons qu'ils ne peuvent se rendre au dispensaire pour des raisons d'interdit religieux. Lorsque nous empruntons le sentier menant au vilage nous tombons sur des guerriers aux corps scarifiés qui, peu sympathiques, veulent nous extorquer de l'argent car nous serions sur un lieu sacré interdit... Nous nous en tirons par une pirouette mais bref, quand on ne parle pas créole mieux vaut se méfier des quiproquos.


Un matin, Issa vient au bateau, il a la tête toute enflée. C'est vrai qu'il n'avait pas l'air en forme depuis deux jours. En examinant ses dents nous voyons qu'il a une carie qui s'est infectée et qu'il a maintenant un gros absces à la gencive. Nous sommes loin de tout mais heureusement bien équipés et grâce au « Guide de la médecine à distance du Docteur Chauve » nous trouvons confirmation du diagnostique et la marche à suivre pour le soigner en attendant son retour au Sénégal: antibio, anti-inflammatoire et paracétamol. Au bout de 24h le gaillard est de nouveau sur pied et ça fait plaisir à voir. Avec le même bouquin on a débouché le capitaine Loïc devenu sourd d'une oreille pendant la nuit à cause d'un bouchon de cérumen. En tout cas on vous conseille d'avoir ce livre à bord.
Après une quinzaine, Guy, Micha et Issa nous quittent pour rentrer au Sénégal et nous continuons seuls le voyage. Nous partons mouiller entre deux bancs de sable sur la côte de Joa Viera, petite île magnifique dont nous ferons le tour à pied. C'est encore une fois un mélange de plages et de forêt luxuriante. Claude et sa femme tiennent depuis une dizaine d'année un petit campement pour touristes sur l'île. C'est chouette de discuter avec un français établi de longue date en Guinée. Les jours passent et nos réserves de produits frais diminuent, ne restent plus que quelques agrumes. Nous sommes au mouillage mais dans la même logique qu'une traversée.


Nous remontons ensuite un des fleuve du continent. Là encore nous passons beaucoup de temps à explorer la côte en quête de chemins et au détour d'un bolong nous rencontrons un pêcheur qui nous guide à travers un tunnel de mangrove menant enfin à la terre ferme. Ablaye et son fils nous mènent au village par un chemin sinueux sous le couvert des anacardiers (arbres qui produisent les noix de cajous).

Le village est propret, les cases ont des tonnelles couvertes de passiflore, des décorations faites de coquillages. On nous fait assoire et tout le village déboule pour voir les trois blancs tombés du ciel. En cinq minutes tout le monde est là à nous saluer et nous poser des questions en créole, nous répondons tant bien que mal en baragouinant. Que voulons nous ? Bon euh nous balader mais ça c'est un concept de toubab, pourquoi aller se fatiguer à marcher sous le soleil quand on a pas quelques chose à y faire. Nous optons pour l'achat de riz et de fruits qui commencent à nous faire défaut. Pendant que tout le monde se disperse pour chercher des denrées. Les anciens viennent faire causette en nous offrant de la noix de Cola. Un Conakry guinéen (et donc de langue française) nous est envoyé pour facilité les échanges et nous visitons le village en sa compagnie. Un ambiance de gentillesse incroyable que nous devons malheureusuement quitter prématurement sous peine de nous retrouver avec l'annexe à sec à plusieures centine de mètre du rivage dans la boue épaisse dite ici « poto poto ».

Nous rejoignons ensuite les îles du nord et rendons visite à Laurent propriétaire d'un campement de pêche sur une minuscule île paradisiaque. Il y a même un « magasin » de pêche et nous investissons dans un Rapala de compèt qui fait ses preuves dès la première heure en chopant un gros Barracuda.

Nous passons nos derniers jours aux Bijagos sur Caravela et faisons enfin la balade de nos rêves dans une grande forêt de Fromagers géants.





Et puis il est temps de retrouver la Casamance après une dernière journée barbecue et crêpes à la plage.


Quelques dizaines d'heures de mer plus tard nous voici rentrant dans la passe du fleuve acceuillis par les dauphins. C'est chouette de rentrer en terre connue aussi.


A peine arrivés nous repartons en balade avec Gawelle et Ghislain venus nous rendre visite pour une semaine, et puis nous voici de nouveau accompagnés par Seydou et Mayo venus du Burkina pour quinze jours. Alors c'est reparti...

Chouette !

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jeudi, 13 mars 2008
De retour de Guinée Bissau
Nous revoici sains et saufs en Casamance, la tête remplie de Bijagos. Le temps que je me replonge un peu dans l'informatique et vous aurez le récit de nos aventures. Bise à tous.

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mardi, 22 janvier 2008
UN PETIT TOUR DE BATEAU
Juste un mot très rapide du cyber café péniblement atteint après 3 heures d'attente, 2 heures de pirogue et 15 minutes de taxi brousse.
Tout va bien, nous sommes bien arrivés en casamance et nous bossons sur le bateau.
Nous partons en Guinée Bissau dans l'Archipel des Bijagos accompagné du bateau GOAZEN et Guy son capitaine. Des îles complètement sauvages sans cybercafé alors à dans un mois pour vous raconter nos aventures.
La bise à tous !

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vendredi, 04 janvier 2008
2008, 29 femmes, 4 éléphants et 1 incendie
BONNE ANNEE A TOUS !

Les 12 coups de minuit ont sonné pour nous à Banfora dans le sud du Burkina où, accompagnés de Mayo et Seydou, nous avons retrouvé Michel et Saly, d'autres amis de la route. La soirée a été bien ambiancée, avec des bières bien tapées (fraiches), un petit groupe de percussions et de Kora (guitare calebasse). On a dansé et fêté cette nouvelle année.

Nous avons aussi profité de ces quelques jours à Banfora pour visiter le coin qui regorge de surprises.
Les dômes de Fabédougou...

Les casacades de Banfora...


Le MacDo de Banfora...


Après tous les excès liés aux fêtes nous avons repris la route dans un but culturel : visiter le pays Gan et Lobi, deux ethnies aux coutumes bien marquées.
Nous découvrons les sanctuaires des rois Gan. Le 29ème est aujourd'hui en exercice et règne en bonne entente avec les pouvoirs publiques Burkinabés. Chez le Lobis nous visitons la demeure d'un homme qui avait 29 femmes et une centrentaine d'enfants. L'architecture des cases est très différente de ce que nous avons vu dans notre voyage.


A Gaoua, nous visitons le super musée ethnographique et nous repartons tous plein de culture vers Boromo.
Sur la route, un gros 4x4 nous double mais quelques minutes plus tard le voici arrêté au bord de la route, de la fumée sort du capot. Nous nous arrêtons, Loïc et Seydou foncent vers le véhicule avec notre extincteur Malien à la main (genre de bombe à chantilly). Les passagers du 4x4 et leurs bagages sont sur le bas côté affolés. L'extincteur ne suffit pas et bientôt de grandes flammes attaquent la voiture. En quelques minutes il ne reste plus qu'un tas de ferraille fumant. Du gâchis ... mais heureusement purement matériel. Nous reprenons la route un peu déconcertés...

A Boromo, une piste nous mène vers un petit cours d'eau au bord duquel se fait LA rencontre.
L'équipe Kala nag fait enfin la connaissance de son totem : quatre éléphants sont là qui paissent au bord de l'eau. C'est Magique !!! Ils ne sont pas jaunes mais ça compte quand même.

Une vingtaine de minutes plus tard ils disparaissent dans la brousse, nous laissant la tête pleine d'émotions.
En rentrant à Bobo, la Kala mobile prend un bout de chaine de moto dans une de ses semelles et c'est la crevaison. Pas di pwoblème on a tout ce qu'il faut et nous repartons en dix minutes chrono.

Sacrée journée non ?
La renault "Evada" voudrait bien s'enivrer encore plus de l'Afrique en partant au Togo, au Bénin... Mais y a un gros zéléphant jaune qui nous attends avec son parc à huitres sous la coque alors nous allons bientôt repartir au Sénégal.
A bientôt donc.

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mercredi, 26 décembre 2007
Noël à Bobo
La moustiquaire plantée aux abords d’un village, les yeux dans les étoiles, bercés par les bruissements de la nuit, vous vous endormez paisiblement en oubliant de mettre le réveil pour demain matin. Pas de problème, la nature se charge de tout : aux premières lueurs du jour, tout ce qui possède la faculté de faire du bruit va se mettre à brailler à qui mieux mieux. Un coq rompt d’abord le silence, suivi d’un autre et encore un autre. Et puis c’est concert général : ça caquète, ça cuicuite, ça glousse, ça bêle, meugle, piaille, criquette et grigritte, ça grogne, ça braie, miaoute, aboie et cocoricotte. A la mosquée le muezzin complète la fanfare en chantant la grandeur divine dans son mégaphone. Finalement, le dernier à se lever c’est le soleil (et puis nous parce qu’on reste à écouter au lit). Il point, il grossit, les animaux s’apaisent alors pour commencer, avec les hommes, une nouvelle journée.

Grâce à cet efficace réveil matin nous arrivons à l’heure pour visiter Djénné et sa très belle architecture de Banco. Pour l'occasion titinne a même traversé un bras du fleuve Niger. Pas peu fière la titinne !



Le lendemain nous rencontrons Kéné qui nous guidera dans son pays Dogon. Ce n’est pas vraiment notre truc les visites guidées, mais là cela s’avère incontournable. L’accès aux villages animistes nichés entre plaine et falaise est assez facile mais le visiteur risque par méconnaissance de violer les lieux sacrés, de manquer de respect aux anciens et surtout de ne rien comprendre à l’architecture et aux traditions locales alors que ce sont elles qui font l’intérêt de la visite.
La ouare 21 prend donc vaillamment la piste pour nous déposer sans failles au pied de la falaise de Bandiagara.

Durant les quatre jours suivants nous découvrons les villages au fil de la marche. Les greniers à grains (mil, sorgho) sont de petites cases sur pilotis, celles des femmes sont dites greniers femelles et n’ont qu’une fenêtre. L’intérieur est compartimenté en 4 casiers au centre desquels se trouve une potiche servant à garder les bijoux et autres valeurs. Les greniers mâles ont trois fenêtres et ne sont pas compartimentés.

D’autres cases appelées les « Togona » sont faites d’un toit très bas soutenu par des piles de pierres. Les hommes y viennent discuter et régler les conflits du village, la bassesse du toit empêchant quiconque de se lever brusquement pour en venir aux mains.

La falaise héberge les vestiges des anciens villages. Les prédécesseurs des Dogons, les Tellems y avaient bâti des habitations de banko (torchis) semi troglodytiques et accessibles seulement par des cordes. Les dogons avaient quant à eux choisi des zones accessible à pied. Ils ont abandonnés ces villages pour s’installer dans la plaine ou sur le plateau quand la menace des grands fauves et des éléphants a disparu.




Nous marchons le matin tôt puis nous nous arrêtons déjeuner dans les campements (auberges pour touristes) pour continuer vers 16h quand la chaleur tombe un peu. Les paysages et les villages sont superbes et notre guide très sympa. Nous apprenons la belotte locale et tentons de mettre une tannée à nos divers partenaires rencontrés dans les campements (Mathias : statistiquement j’ai gagné !). Les villages sont un peu tous en fête car les habitants sont soit animistes, musulmans ou chrétiens et célèbrent ensemble les dates des uns et des autres. Il y a eu « Tabaski », la fête du mouton musulmane ou chaque père de famille égorge un ovin par épouse après la grande prière du matin.

Le chemin nous mène en haut de la falaise dans les villages du plateau, là on prépare noël et nous nous retrouvons à suivre les Dogons en liesse qui défilent dans chaque cour de maison avec tambours et vieilles pétoires chargées à la poudre de leur fabrication (d’ailleurs certains chassent avec !). Ca pète avec un éclair de feu dans un gros nuage de fumée et les gamins se bouchent les oreilles. Tout ça fini sur la place du village où tout le monde danse.


Abel qui tient le campement nous cuisine un bon « tauw », plat de mil et de sauce. Pendant la nuit l’harmattan se lève et nous recouvre de poussière. Le lendemain nous redescendons dans la plaine en passant par une faille où il faut passer par des échelles de bois au dessus de vides impressionnants. C’est beau !

Nous terminons notre séjour ravis. Même si le pays Dogon est devenu très touristique à certaines périodes et si certains villages sont devenus trop marchands, cela reste une visite inoubliable. Il faut rester vigilant et discret pour ne pas gêner les populations. Et puis si les enfants vous harcèlent toute la journée par des « ça va, bonbons, ça va bouteille, bonjour chemise, ça va bic, bonjour chemise et donne moi cent francs » c’est parce qu’il y a des abrutis qui leur en donnent et que je maudis. Si vous voulez faire des dons, donnez au chef du village ou aux parents mais jamais aux enfants. Quelle image peuvent-ils avoir de gens qui leur donnent régulièrement des choses que leur père ne peut pas ? La population désapprouve mais se retrouve impuissante devant le bon touriste blanc qui fait sa distribution.
Fin du coup de gueule.

Nous reprenons la route la tête pleine de dogoneries et de leurs histoires animistes. Nous avons trois places de libres et prenons régulièrement des passagers. Les gens font de gros yeux ronds en voyant que ce sont des toubabs qui s’arrêtent mais sont ravis de monter et voyager gratis. Une fois nous avons pris un vieux monsieur qui était chef de son village et attendait depuis plusieurs heures un véhicule, les quelques villageois qui l’accompagnait on applaudit quand il est monté. Les discussions sont sympas, certains ont été en France, on sort le plan de Paris et ils se remémorent les endroits visités. Souvent expulsés car sans papiers ils ne sont pas prêts d’y retourner. Notre nouveau président a une très mauvaise image en Afrique et nous répétons inlassablement que nous n’avons pas voté pour lui. Certains africains le traitent de dictateur. Un français marié à une sénégalaise nous affirme que leur fille née en France n’a pas droit à la nationalité française si une enquête révèle que lui n’est pas français à deux générations. Au Sénégal on ressentait parfois une ambiance vengeresse des autorités envers les ressortissants de Sarkoland. Un ami a pris 15 jours de prison locale (…) et 1500€ d’amende parce qui lui manquait un papier pour son bateau. On entend parler de l’instauration d’un visa pour les français au Sénégal. Ben oui, y a pas de raison, puisque on met les bâtons dans les roues aux étrangers en France pourquoi pourrions-nous circuler librement au Sénégal ?

Au bout d’une route à moitié fracassée nous arrivons à Bobo-dioulasso au Burkina faso. Nous y retrouvons Mayo rencontrée sur la route en Mauritanie et son copain Seydou. C’est noël à Bobo, grosse fête dans la rue avec concerts de musique traditionnelle. On chante petit papa Noël mais la neige ne tombe pas, et puis zut on a oublié de se faire des cadeaux ! Il fait 30°C, un plat de poulet grillé aux poivrons pris en terrasse remplace la dinde au coin du feu. Pour finir on part danser du zouk et du coupé-décalé dans un bar en plein air. Il fait bon, les coups de fil à nos familles nous on réchauffé le cœur.

Pour nous le divin enfant fêté ce soir c’est Camille, le fils de Guillaume et Charlotte tout juste né. Santé ! Félicitations les amis ! Alors joyeuses fêtes à tous et à toutes et bons baisers du Burkina !

Juste un mot de plus pour dire que nous avons été très touchés par les évenements survenus en Mauritanie 15 jours après notre passage. Attention à vous qui voyagez, plus d'info sur CE LIEN.

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dimanche, 09 décembre 2007
Beau voyage et mauvaise pioche


De Nouakchott à Cachouane, nous avons un peu perdu le fil de la toile, faute de cybers et faute de temps.
Et puis entre temps il nous est arrivé quelques imprévus mais lisez plutôt...
A Nouakchott, nous avons passé notre temps à courir les ambassades. Un jour ferié menaçait de nous faire passer trois jour dans cette capitale peu agréable. Sécurité nationale de la Mauritanie pour prolonger les visas de 72h pris à la frontière et ambassade du Mali pour notre prochain passage. Armés de la plus grande motivation nous avons réussi le marathon en une journée et sans Bakchich. Ambiance un peu tendue en Mauritanie : les autorités sont peu courtoises et armées jusqu'au dents. 

Les nuits en auberges amènent à des rencontres improbables et nous faisons ainsi la connaissance de Saly et Michel, une Burkinabé géante et son mari français cascadeur à la retraite ainsi que de Nicolas et son père partis en fourgon. Les soirées sont animées par une bonne partie de carte (le kem's fait fureur avec les locaux) et tôt le matin nous avons repris la route.

De Nouakchott à Kiffa (sur la route vers le Mali), c'est la fin du Sahara et le début du Sahel. Au fil des kilomètres, la végétation s'installe pour devenir une savane. Les paysages sont sublimes. Après avoir traversé cette immense étendue de sable, l'œil se réjouit de la moindre verdure. C'est la région des grands troupeaux de bétail et le conducteur doit être vigilant car dromadaires, ânes, chèvres, moutons et vaches traversent sans cesse la route. Heureusement, cette dernière est droite et permet de voir le bétail de loin. Sur le bas côté, les innombrables carcasses de véhicules et de bêtes en décomposition témoignent de l'intérêt à ne pas conduire ni trop vite ni de nuit.


A Kiffa, l'auberge "Phare du désert" offre une bonne halte. La vie est sensiblement plus chère en Mauritanie et les commerçants sont de plus âpres négociateurs. Il nous faut débourser entre 5 et 7€ par personne pour planter la tente... Le lendemain nous prenons la route tôt en direction du Mali. Les paysages continuent de nous surprendre. C'est sauvage à 200 pourcent et sur une falaise rocheuse nous aurons même la chance d'apercevoir des Damans des rochers, genre de marmotte du désert très mignonne.


Les habitants sont principalement nomades et vivent dans de grandes tentes blanches. Quelques oasis se trouvent au bord de la route et nous nous retenons pour ne pas nous y a arrêter et rester une semaine... Sur la route pas d'encombres, du bon goudron et les sempiternels contrôles de police. Le petit cadeau est sollicité mais il suffit de dire que les précédents ont tout pris pour continuer tranquilles.

Nous franchissons la frontière malienne sans soucis et arrivons à Nioro. Changement de couleur, de décor et de culture. Il y a très peu de voitures, que des mobylettes multicolores made in china. Une ambiance totalement africaine au marché et des sourires pleins les visages. La pauvreté est forte et en dînant le soir avec les locaux dans un bouiboui, nous nous retrouvons encerclés par une horde de gamins des rues qui se battrons pour les quelques plats de nouilles offerts. C'est aussi ça le voyage : se retrouver impuissant devant la misère des autres et représenter la richesse absolue. Des fois ça me donne envie de tout arrêter et de me cacher loin de ce miroir. Oui, quoi que je sois, que je dise ou que je fasse, je suis le fruit de la société occidentale et que je sois d'accord ou non avec son fonctionnement j'en ai tiré les bénéfices qui me permettent de voyager aujourd'hui. Assume !

De Nioro à Kayes, la végétation prends un degré de plus, les baobabs font leur apparition et la diversité d'espèces animales et végétales s'accroit considérablement. Les petits villages en terre battue se concentrent au bord des points d'eau.

A Kayes, nous rencontrons le fleuve Sénégal. Il génère quantité de moustiques dont nous devons impérativement nous protéger sous peine de palu... RAKETAMOUSTIK fait des malheurs et Aurélie en claque 15 dans sa tente avant d'aller au lit. L'ambiance est très étrange dans cet endroit, pas de touristes et des hôtels hors de prix. On marchande mais rien à faire. Plus tard, attablés devant un gros plat de Tieboudien de la gargote sénégalaise, on nous explique qu'il y a de l'or dans la région et que le weekend les prospecteurs et les exploitants descendent ripailler en ville, ils sont riches et prennent les prix comme ils viennent sans négocier. Du coup nous dormirons sur la terre battue de l'arrière cours de l'hôtel avec le mouton et la boîte de nuit pour compagnie, le tout pour 7,5€ chacun. Autant vous dire que nous n'avons pas fait de grasse mat' !

Contre tout attente il y a à Kayes un distributeur automatique de billet de banque. C'est le premier depuis le Maroc, nos bouts de plastocs bleus vont enfin resservir et nous permettre de regarnir nos caisses. Ah blaireaux que nous sommes, perdus sans la VISA.

Sereins, nous prenons la route vers la frontière sénégalaise. La sortie du Mali s'effectue dans une guérite et les douaniers veulent même nous retenir à manger. Du billard ! Mais côté sénégalais, tout est parti en sucette en deux phrases. La voiture n'a pas de carnet de douane, elle a plus de cinq ans et donc nous ne pouvons pas circuler au Sénégal. On veut bien nous faire un passavant de dix jours, je veux plus de dix jours, ma langue fourche je dis le mot «installer au Sénégal» et c'est fini :
«GAME OVER»
Direction bureau des douanes. Là bas, deux cars entiers sont passés à la loupe et les passagers doivent payer de lourdes sommes pour continuer avec leur bagages entiers. C'est la cohue, nous rentrons dans le bureau, la tension monte, le remplaçant du chef me questionne, je stresse, je donne des explications confuses, coups de téléphone au chef, il veut les clefs du véhicule. Misère, nous ressortons discuter dans la cours, nous re-rentrons, le ton se fait menaçant. Ok, ok, surtout ne pas finir au gnouf ! Nous tentons de réexpliquer notre cas, nous sommes de simples touristes. Je tremble pour nos bagages. Nous sommes désemparés. A chaque minute qui passe je rêve de pouvoir rembobiner la cassette de ma vie pour refaire la scène avec le douanier. Trop tard, on nous ordonne de garer la voiture dans l'enceinte des douanes et de prendre nos affaires et de ne revenir que quatre jours plus tard au retour du chef. Nous ne sommes libres, seule la voiture est en infraction.
Finalement nous négocions le déplacement du véhicule vers un hôtel où nous déchargeons tout.

Le lendemain matin nous chargeons tout sur une 505 direction Ziguinchor. Petit aparté pour Mathias et Miguel : vous avez gagné, on a fini le voyage en 505, la 21 c'est naze ça passe pas les frontières, dans la 505 y a plus de place et puis ça passe mieux les bosses.
A cinq heure du matin, la voiture est blindée, les planches sur le toit, tout les bagages dans le coffre et sur le siège arrière. Mission : faire 700 km sans se faire taxer les bagages et sans accident. Baital, le chauffeur nous prends 200€ pour cette course un peu particulière, nous lui demandons d'être prudent, il nous fait promettre de nous taire au contrôles de police. Nous partons à l'aube et dans les premiers 50 km, nous évitons de justesse de heurter des ânes et des vaches. Je stresse. Mais (papas et mamans rassurez vous) Baital conduit bien et sûrement et nous livre au bon port de Katakalousse avec nos affaires 12 heures plus tard.



Et puis tout s'arrête...



Le ronronnement familier du hors-bord de la pirogue vient à nos oreilles et bientôt se sont les «Kassoumaye» de Papys et Ambroise qui résonnent dans le doré du coucher de soleil. Quelle joie ces retrouvailles, enfin des gens gentils dans un endroit paisible.
L'air tendre du crépuscule tropical nous enveloppe et bercés par les chants d'oiseaux et d'insectes nous retrouvons cette brousse devenue familière.

Au bout du bolong et de la nuit se trouve notre jaune bateau "Kala nag", bien sage sur son ancre.
Il ne nous reste plus qu'à libérer titine de sa prison pour être complètement arrivés et pouvoir reprendre le fil coupé de notre vie africaine.
A bientôt !
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jeudi, 22 novembre 2007
Oualidia Essaouira ça ira !
De Tanger nous n'avons rien vu, nous avons juste renoué avec la bonne cuisine marocaine et dormi dans un bon hôtel avec la voiture à l'abri. Le lendemain l'autoroute nous a mené à toute berzingue vers El Jadida. La route est très bonne et sur le bas côté se succèdent troupeaux de vaches, de moutons (qui vont bientôt passer à la casserole pour la fête de l'Aïd) et troupeaux de poulets (à moto munis de jumelles radar qui font un carton sur les chauffards). Il est vivement recommandé de respecter les limitations de vitesse, même quand c'est 40 km/h pendant 10 bornes, et puis, ça permet de profiter du paysage...


En 500 km, on passe du « Pizza Hut » aux huttes et du 4x4 Wolksvagen "Touareg" aux 4L Berbères. Bref, le Maroc c'est plus que jamais le contraste entre 2007 et 1427.

A El Jadida, on prends la route de la côte qui est en bon état et pas trop fréquentée. Nous arrivons à Oualidia (520 km de Tanger, 6h de voiture) une petite station balnéaire très calme à cette saison.
C'est un endroit naturel splendide avec une crique fermée par des rochers (idéale pour la baignade), on se loge à « L'araignée gourmande » sur la plage. Comme c'est l'hiver, les prix descendent presque tout seuls de moitié et ça permet de profiter d'endroits assez chics pour 200DH à trois.
A Oualidia nous avons retrouvé la mer et l'été. Fini les chaussures, les blousons, il fait 25°C. C'est tout simplement génial. Les maux de gorges qui trainent disparaissent comme enchantement. Encore !!!


Entre Oualidia et Essaouira, il y a un peu plus de 3 heures de route, avec un petit arrêt déjeuner sympa à Safi.

Essaouira, c'est un peu la maison. Nous retrouvons très vite les copains rencontrés lors de notre séjour en bateau de deux mois début 2006.
C'est super de revoir Hassan, Otthmane, Naima et Abdelkarim.
On prend des chambres chez une amie d'amie et nous voilà partis dans le dédale de la Médina. On s'envoie un bon tajine dans un bon resto pour fêter ça (agneau aux amandes et aux figues, boeuf aux abricots confits...). On fait aussi quelques provisions pour plus tard : des olives noires, du safran, des épices, des photocopies de passeport pour la douane... 
Au port, nous retrouvons Omar, le jeune gardien du bateau pour touristes ainsi que Mohammed le capitaine. C'est très touchant parce qu'ils se souviennent de nos prénoms et ont gardé les photos que nous leur avions imprimées lors de notre passage.
- Et la famille ? Ça va ?
- Oui, coulchi bzien ! Et toi ?
- Moi, ça va Allahmdoulila !
- Et la France, c'est bon ?
Etc...


On aimerait rester et reprendre le cours de la vie locale qui est toujours aussi coulante et amicale mais nous ne sommes pas là pour « acheter du terrain », la route est encore longue pour le Sénégal.
A bientôt !


Resultats préliminaires de l'étude de la raketantimoustik : première mouche grillée vive en plein vol à Oualidia dans la chambre d'hotel. Pas d'autre insecte candidat pour le moment. Affaire à suivre...

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samedi, 17 novembre 2007
Attention Tanger

Salamaleikoum !
Nous voici arrivés à Tanger après une bonne croisière au départ de Sète.
Rien de très trépidant si ce n'est qu'on a pété un moteur en plein milieu (sûrement l'delco !) et que la croisière s'est un poil éternisée. Notre navire, le "Marakkech", est arrivé avec dix heures de retard sur l'horaire prévu et nous nous sommes retrouvés en pleine ville, de nuit, à chercher un hotel fiable pour garer la voiture. Des bribes de guide du routard recopiées à la hâte avant le débarquement nous ont sauvé la mise, on va pitêtre bien se procurer l'ouvrage entier à l'occasion. Bref, entre les formalités de départ et d'arrivée, on a mis 50 heures au lieu de 36.

Le Maroc commence à la porte d'embarquement à Sète : quelques voitures surchargées, quelques reliques de l'automobile française, du camping car...
A bord, en classe éco c'est simple et efficace, une petite cabine rustique et des repas en self service qui ne manquent pas d'exotisme de par l'ambiance et le service.

Le premier soir, un vilains roulis a mis tout le monde d'accord sur le fait de se coucher tôt. Le second soir, un chanteur traditionnel a mis l'ambiance suivi ensuite d'un match de foot France-Maroc à la télé. Le score à égalité partout a aussi mis tout le monde d'accord. 
Un petit coup d'oeil au passage sur les Baléares et le franchissement du détroit de Gibraltar a fini de nous égailler.
Débarquement dans les gaz d'échappement et longue longue file d'attente due à la présence de deux douaniers scrupuleux pour 150 bagnoles. Clin d'oeil pour ceux qui vont bientôt partir par le même chemin en famille : prévoyez des occupations (et pitêtre de la Nautamine pour tout le monde si ça remue) pour les zenfants, le temps est long à bord.
En ce qui concerne notre mission scientifique : une veille attentive sur le pont nous a permis de conclure à l'abscence totale d'insectes et donc à l'inutilité de la raquette-électrique-anti-moustique du Dr Pr Sir Miglo.
Nous poursuivons nos investigations et vous tiendrons informés de l'avancement des recherches.


Ce n'est que du bonheur, nous revoici pour de bon sur le continent Africain. Demain c'est parti pour le sud !
Bislama !

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mercredi, 14 novembre 2007
Zat's it !
Il est plus que temps de reprendre le clavier pour alimenter ce blog en complète déperdition.


Depuis quelques mois ce n’est pas franchement trépidant.
Kala nag, l'acteur principal de la saga est ancré depuis des mois dans un coin oublié, tanké dans un banc d'huîtres, ne tirant des bords que sur son ancre. Quant aux deux autres, ils font le tour de France et prennent 5 kilos en se prélassant aux diverses tables des familles et copains.
Tu parles d'un blog de voyage...
Bref, la faillite est proche : Chute totale de la fréquentation, statistiques en berne, mécontentement de nos actionnaires...
Heureusement, comme tous êtres vivants nous sommes soumis aux lois de la nature et notre instinct nous pousse à repartir. Ce phénomène de migration saisonnière est d'ailleurs très bien décrit dans l'encyclopédie libre "Wikipedia" dont je vous propose un extrait afin d'éclairer mon propos :
"Migration animale
Chez les animaux, la migration est un phénomène présent chez de nombreuses espèces, qui effectuent un déplacement (voire un périple), souvent sur de longues distances, à caractère périodique qui implique un retour régulier dans la région de départ. Les mouvements sans retour, qui conduisent à une extension de l'habitat de l'espèce, correspondent plutôt à un phénomène de colonisation.
La migration se produit en général à des périodes de changements de conditions climatiques, mais elle est en réalité due aux variations dans la disponibilité de la nourriture.
Au cours de leur trajet, certains oiseaux s'orientent avec le soleil, plus exactement ils sont sensibles aux ultra-violets émis par le soleil (visibles même à travers les nuages).

Les migrateurs partent généralement après avoir fait le plein d'énergie, car leur trajet ne leur laissera généralement pas l'occasion de trouver assez de nourriture, notamment lors du survol des déserts (et ouais pas de macdo pour s'arrêter dans le Sahara) et des montagnes ou des mers pour les oiseaux migrateurs. Cette énergie est stockée sous forme de graisse (d'où les 5 kilos) qui sera consommée en cours de route, les animaux arrivant souvent à destination affamés et épuisés (on va se jeter sur le tiéboudiène et la vache qui rit). Lorsque la réserve de graisse est insuffisante, l'animal peut mourir d'épuisement avant d'atteindre son but (pour ne pas prendre de risques on mange du magret ce soir)."
Moralité : nous sommes bien des animaux subissant les forces de la nature. Et en plus de graisse il nous faut des pièces pour la bagnole parce que nous on ne migre pas grâce à nos petites ailes. C'est la Ouare 21 qui nous mène. Prévoyants nous avons été faire un tour à la casse, récupérer deux trois bidules avec Miguel.

Cette migration sera doublée d'une mission scientifique de la plus haute importance. Il s'agit ni plus ni moins de faire les premiers tests d'une nouvelle technologie qui, selon l'éminent professeur Miglo, pourrait tout bonnement éradiquer le paludisme de la surface du globe.
Professeur Miglo nous a donc mandatés pour expérimenter sa théorie et tout au long du voyage nous réaliserons des expériences in-situ.
En effet, Mr Miglo a découvert la raquette électrique anti-moustique. Sous l'aspect d'une simple raquette de tennis se cache en fait un redoutable tamis électrifié par deux piles. Le moindre contact d'un insecte (ou d'un doigt) avec le tamis prouve une décharge mortelle (pour l'insecte).

Nous partons donc équipés de deux de ces raquettes, traquant le moindre insecte et analysant la réaction de la population à cet objet.
Du lift des africains dépend le sort de la planète !

Alors en route ! Le monde ne peut plus attendre. La voiture est chargée à bloc, dedans comme dessus, où trônent deux planches à voiles et leurs accessoires. Un grand merci à Manu, Michto et Michotte, Voyou, Gwénolé, et Sylvie du club de voile du Pouldu pour les morceaux de planches fournis. Nous déposerons ce matériel à Cachouane pour les gens du village et les voiliers de passage.
Jeudi nous prenons le ferry qui part de Sète pour Tanger et puis ensuite Inchalla !
A bientôt sur la route.
Merci à tous ceux qui nous ont hébergés et fêtés pendant ce séjour en France. On a passé de très très bons moments. On vous souhaite selon chacun un bon hiver, un beau bébé, un bon voyage, de la belle menuiserie, un bon chantier, de bonnes nav' en caravelle...

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mardi, 09 octobre 2007
La balade à bord...
...de ce magnifique engin.

Tout d'abord il faut dire que le voilier "Arz-n-aël", autre engin à bord duquel nous étions remontés du Sénégal en Juillet et que nous avions remis en état, vient de trouver un nouvel acquéreur !

Frédéric, son nouveau propriétaire veut habiter à bord puis partir en voyage avec. Il ouvre son blog de fier capitaine à cette adresse CLIQUE CLIQUE. Souhaitons lui de très bonnes aventures à bord de ce beau bateau !
Libérés de ce projet à Douarnenez, nous avons pris la route pour rendre visite aux familles et amis.
Le tonton Pierre et Sylvie, venus à bout du chantier de rénovation de leur voilier "Sabias", nous ont offert une place à bord pour la première étape de leur longue escapade. 
Nantes-Royan avec le gôut des premiers départs mélés de joie et d'un peu de peine, de folle liberté et de stress qui nous a rappelé bien des choses... En partageant leur première étape, nous avons essayé de leur communiquer un peu de la sérénité dûrement acquise au fil des miles, comme certains d'entre vous l'avait fait lors de notre départ. 
Alors si vous croisez "Sabias", Pierre et sylvie, maintenant en méditerranée, n'hésitez pas à passer le bonjour !
Les routes nous ont conduit à de nombreuses retrouvailles souvent suivies de ripailles...


Nous commençons à organiser le voyage en voiture vers le Sénégal, à bord de notre fidèle destrière R21 : réparer deux ou trois bricoles et se rencarder sur les deux trois ruses de sioux pour passer les douanes et rien se faire piquer. Cette nouvelle aventure nous titille de plus en plus. Les retrouvailles avec Kala nag aussi. A Dakar trois bateaux se sont échoués sur la plage à cause d'une tornade avec des rafales à plus de 70 noeuds. En Casamance pas de problème, merci la mangrove !
La série blog de voyage s'agrandit avec le départ en voyage de nos copains Olive et Amel, sur "Mapilo", accompagnés de leurs deux chiens méchants Loulou et Pedro. Pour tout savoir CLIQUE CLIQUE.
Voilà pour les news, rares et peu fraîches certes, mais news quand même.
PS : on cherche toujours du matos de planche à voile pour emporter au Sénégal !!!
Il nous manque : deux mâts, un flotteur, deux pieds de mât et deux wishbones. A bon entendeur salut !

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lundi, 20 août 2007
Mais quesk'ils font ?
Ils font la grasse mat' parce que la pluie tombe beaucoup beaucoup du ciel durant cet été Breton...
C'est pas une raison de faire les flemmes et de laisser tomber notre blog tant plébiscité. Vous êtes nombreux à aimer alors on va continuer. Mais c'est comme les séries télévisées, l'été y a toujours un break dans les programmes et à la place on vous refourgue du déjà vu. Ben nous c'est pareil :
Les news en bref .....
---18/07, Grosse fête à Lampaul Plouarzel chez JS avec tous les vieux copains d'IUT, 3 Dolipranes---
---21/07, 14h00 Ponçage des vernis, 15h11 Pluie, 15h12 Abandon du travail repli stratégique sous la couette---
---28/07, 11h56 Déchirure irrémédiable avec hernie aggravée de mon pneu avant de vélo en plein retour du Leader Price ---
---06/08, Fête des 50 ans de Jeanne à Roscoff---
---08/08, 15h50 Achat d'une merveilleuse R21 Nevada break rouge avec 7 places et 318 000 km---
---10/08 12h59 Vernissage des bois extérieurs, 13h15 Gros grains dans le vernis pas sec, Abandon---
---20/08 Visite à L'Aber Wrach pour voir les ptits amis, Kerouac, Mapilo---
---A partir de demain : prières et danses pour retour espéré du beau temps...
La grille d'hiver de nos programmes sera diffusée ulterieurement. En avant première nous pouvons vous dévoiler quelques-unes de nos nouveautés pour la rentrée :
- Une tournée des copains et des familles en France en Septembre
- Un trépidant voyage en R21 vers le Sénégal vers le mois d'Octobre
- Les retrouvailles avec Kala nag en Casamance.
Encore une fois nous nous permettons de solliciter nos lecteurs :
On veut amener une planche à voile pour donner au village en Casamance car ils ont un bon spot juste devant et donc on recherche du vieux matériel. Un généreux donnateur nous a pour l'instant munis du flotteur mais il manque à priori un certain paquet de trucs pour que ça fonctionne alors si vous avez quelques morceaux de planche qui trainent contactez nous.
En commande pour nos amis sénégalais nous avons aussi : une tente, une montre à aiguilles.
Bon courage pour la fin de la mousson d'été bretonne et à bientôt !
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mercredi, 18 juillet 2007
Fingers in the (Douarne)-nose !!
NOUS SOMMES ARRRRRRRRRRRRRIVES !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
C'est complètement surréaliste d'arriver en France par la mer, c'est si bon ! On va mettre quelques jours à atterir. Ahhhhhhh les croissants au beurrrrrrrrrrre...
Nous avons atteint Douarnenez à 22h00 hier soir après 11 jours de mer, on a garé le char et sauté en ville faire la fête.
On a eu de la mer, de la vraie avec du vent, des oiseaux, des méduses, des poissons , des très très gros poissons ! On va vous raconter ça bientôt...
La Bretagne on l'a trouvée sans compas : il a commencé à cailler, à flotter et à venter. On a fini la dernière nuit dans la baston, 40 noeuds et des grosses vagues, pilote cassé, régul dans le sac. On a barré sans relache, on a peu dormi, dans des draps mouillés, on s'est cogné partout, ça nous a côuté des sous : la plaisance c'est le pied !
Conclusion pour ce numéro : et ben Dakar Douarnenez à la voile c'est un grand voyage.
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mardi, 03 juillet 2007
Retour à la case départ
L'anticyclone des Atroçes est tombé amoureux d'Arznael, il est centré juste au dessus du mât et ne veut plus en décoller.
Alors nous avons fait demi tour plutôt que de bouchonner comme des idiots pendant quelques jours en face du port.
Déception à bord, même si nous sommes heureux qu'Arznael ait trouvé l'âme soeur. On vous tiens au courant des futures manoeuvres
Cherche remorqueur occas. peu servi grosse puissance. Si possible avec le plein. Bas prix, faire offre.
Cherche vent, sud ou sud-ouest, même de 47ème main, voire même de nord nord-sud. Température indifférente. Faire offre sur notre site. Pas sérieux s'abstenir.


Cherche baleine pour photographie, taille et modèle indifferents. Sur les Açores de préférence.
Cherche marina aux Açores à l'année, bon prix, eau élec. indifférent. Nous contacter.
Cherche automobile à louer, à emprunter, à vendre ?? pour les mois de Juillet à Octobre sur France entière. Travaux divers possibles. Diesel souhaitable. Couleur indifférente. 4 roues. 1, 2, 3, 4 ou 5 portes. Faire offre.
Attention ! Les petits plaisantins qui voudraient répondre à nos annonces pour rire seront vertement démasqués et pourchassés par la loi.
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dimanche, 01 juillet 2007
Santa Maria et São Miguel
Qu'avons nous fait de nos 10 jours aux Açores ?
Primo, nous avons débarqué à Santa Maria et très rapidement fait connaissance avec un bon tiers de la population adulte qui nous a largement abreuvé et nourri. Nous n'avions pas compris au premier abord le message du douanier qui nous disait "allez payer le droit de stationnement au bureau du port, ce sera deux euros environ et après vous n'aurez plus rien à payer", et bien effectivement, durant deux jours les uns et les autres se sont relayés pour nous emmener aux fêtes diverses et variées. Le premier soir nos petites jambes privées d'exercice pendant 20 jours ont crié famine et nous avons dansé jusqu'au matin (regardez le résultat sur les pieds de Ronan, il a fait fondre le lino de la piste de danse).
Une visite en stop de l'île a fini de nous convaincre sur son côté paradisiaque. C'est décidé quand nous aurons marre de naviguer nous viendront nous installer à Santa Maria.

L'amitié locale devenant trop dure pour notre santé nous avons appareillé pour Sao Miguel et découvert que la Marina de Ponta Delgada était beaucoup moins Rock n'roll... Ceci dit un peu de repos et de la bonne bouffe n'était pas de trop.
Nous avons renoué avec la vie terrestre européenne : les lessives en machine avec adoucissant, les temples de
la consommation où nous errâmes tout un après-midi la langue pendante et la Visa dégainée, la location de voiture à grands frais pour admirer les beautés naturelles (dont le brouillard persistant et le cul des vaches), les restaurants viande-oeuf-bacon-riz-frites-gras... Une joie.
Les îles sont absolument bucoliques : hortensias par milliards, fougères, forêts... Tout est vert et valloné, il ya même des fonds de vieux volcans qui font bloup et prout du souffre. Nous avons gorgés nos corps de verdure en vue du nouveau départ en mer. Guy, notre président à vie, avait dit : "Vous trouverez à Sao Miguel des rivières de crème fraiche, des arbres à jambons, il coulera le miel et le lait bleu des hortensias fait un fromage bien meilleur que le piètre Roquefort, les arbres croulent sous les fruits exotiques...", et bien c'est tout à fait vrai !
Emma Loïc Ronan
Sur ARZ N AEL
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mercredi, 27 juin 2007
20 jours en mer
30 mai, nous partons de Dakar.
J’ai quitté la terre, embarquée une bonne fois pour toute sur ce nouveau navire, Arznael, que nous devons ramener en France. Nous disons au revoir à l’horizontalité, à l’immobilité et aux nuits entières de sommeil. Nous laissons cette terre Africaine, ses senteurs de chaleur et de brousse, ses villageois déjà si familiers, cette nature si intacte et si présente pour retrouver l’océan et toute son immensité bleue et salée. Il nous attire et nous nous y précipitons, heureux de terminer le grand jeu de piste de la préparation, cette liste si longue par 40°C à l’ombre… Nous voici déjà en route. Dans la passe l’eau beige des bolons se dilue déjà dans le bleu et puis la brume vient masquer la côte, ça y’est, nous y sommes. Les éléments sont cléments, la cocotte siffle en cuisinant, les gars font salon dehors, le bonheur est à bord. La première nuit tombe et devant nous 2 800 milles à parcourir. C’est la première fois que je pars pour un si long voyage, je n’ai pas peur, je veux savoir.
12 jours plus tard, dans le bleu à mi-chemin entre ailleurs et nulle part
La mer ? Ma mère : la terre. Dans quel état j’erre ?
23h17 à 600 milles de la première terre habitée. Somnolence à l’approche … je m’accroche. Ca clapote gentiment et ça souffle pareillement. Je gère ? mhhh, j’exagère, en fait je digère … spaghettis à l’huile d’olive. Où est la rive ? Je dérive ! Je flotte quelque part au milieu de la carte avec cinq kilomètres d’eau sous les pieds.
Peu importe, vraiment. Le temps n’a plus cours. Eau salée et ciel étoilé. Toujours serrer le vent. Au nord : les Açores ? Existe-t-il encore une terre sur les bords de la mer ?
Vagues, je divague, vogue dans le vague. Envies d’arrivée ? oui, non, impressions d’éternité.
Un coup de radio avec un cargo me ramène à la réalité : il y aurait d’autres êtres humains que nous trois sur cette planète !
Quel jour sommes nous ? Depuis quand ? Sommeil, éveil, veille … Manger, border, choquer, enrouler, dérouler, mots-croisés. Et puis aussi LIRE.
Nous trois et le bateau filant sur l’eau, le temps s’étire et moi aussi.
Autonomie, sac de riz, pharmacie. Moment de lucidité, GPS, cartes et cirés. Les vagues s’écrasent sur le pont, dans ma bannette je fais des bonds.
Envie d’être ailleurs ? Ce n’est pas l’heure ! Se concentrer et se relayer pour avancer.
Sur mon île à voile, je rêve tout en me déplaçant, pour que ces jours durent toujours … dans ma mémoire.
Le 21 Juin. Un jour avant l’arrivée à Santa Maria aux Açores.
Depuis quelques jours déjà nous visitons le célèbre anticyclone des Açores. Tout le monde le connaît : c’est lui qui fait la météo sur la France. Il y apporte l’été en remontant vers le nord en fin de printemps. Avec sa grosse bulle d’air chaud, il fait bouclier et dévie les sournoises dépressions d’Alaska plus au nord, chez les Irlandais. Normalement, c’est un bon pote cet anticyclone. Mais en ce moment il squatte juste au dessus de nous, bien trop au sud : moralité nous sommes englués dans un lac sans vent et vous vous tapez un temps pourri.
Les fax météo reçus par BLU (genre de radio longues ondes) nous le confirment un peu plus tous les jours : l’anticyclone engraisse et se gonfle mais ne remonte pas, bref il nous poursuit. Si l’été arrive un jour en France, ce sera grâce à nous qu’il l’avons remorqué vers le nord pendant une bonne semaine. Explication en image CLIKLA.
Alors, au milieu de notre lac, nous nous adonnons à toutes sortes d’activités pour passer le temps.
Il y a les opérations Mac Gyver : démonter le régulateur d’allure pour réparer, réparer le démarreur tombé en panne, démonter la barre à roue et scier la colonne de barre pour installer le deuxième pilote automatique parce que l’autre déraille sec, changer le fil du GPS qui a cramé, remplacer la courroie du moteur qui a encore claqué et que la nouvelle elle est trop grande…
Il y a les opérations Joël Robuchon : renouveler pour la 15ème fois la magie des pâtes au thon, retrouver 5 kg de patates égarées et se les faire griller avec un fois gras, le tout servi sur table dans the cockpit under the taud au milieu de the ocean. 

Les opérations Patrice Laffont : fabriquer des mots croisés pour les autres, retrouver les chiffres manquants des grilles idiotes de Sudoku, et puis si l’anticyclone continue on va bientôt être obligés de s’écrire des livres !
Notre ami anticyclone nous a tout de même offert trois nuits complètes au lit après un bon film et du coca, roulant (parfois comme des sauvages) en plein milieu de rien avec le fidèle Merveille (détecteur de radars) comme seule vigie.
Rien n’y fait le vent ne reviens pas. A portée de gasoil, nous avons tourné la clef et le voyage se poursuit au gré du ronron du moteur et des poses pour refaire les niveaux. Les îles sont proches et nous en avons une énnnnnorme envie (d’entrecôte, de bière, de frites, de fruits, de légumes, de vin, de marcher, de musique, de gens, de fromage, et surtout de vous dire que nous sommes arrivés !!!!).
Quelques chiffres pour s’amuser :
De Ziguinchor en Casamance à Sao Miguel aux Açores nous avons parcouru 3500 kilomètres à la voile à raison de 22 jours de mer et d’environ 160 km par 24 heures soit une vitesse moyenne de 6,5 km/h !!! Sur 22 jours, il y a eu une journée de vent de travers, trois jours de moteur, 2 jours de sur-place et 16 jours avec le vent dans le nez. Il a plu seulement 15 minutes, le soleil a fait tout le reste. Nous avons pêché quatre dorades coryphènes et vu finalement très peu d’animaux (deux tortues, 4 ou 5 fois les dauphins, des méduses et des oiseaux dont trois phaétons et quelques puffins).
Conclusion : j'me suis cogné partout, j'ai dormi dans des draps mouillés, ça m'a côuté des sous, j'ai bien aimé : la plaisance c’est le pied !
15:59 Publié dans Le voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

































































