vendredi, 20 avril 2007
Qué calor à Ziguinchor !
Kala nag tanqué dans la mangrove et nous à pied dans la savane : c'est le temps de la récompense, tant et tant d'efforts pour construire puis réparer ce bateau semblent enfin trouver leur sens...
Cachouane, Egueye, Elinkine, Pointe Saint Georges, Ziguinchor, des noms qui fleurent bon l'aventure dans les bolons (bras et méandres du fleuve). On n'arrête pas de découvrir. La mangrove nous entoure et regorge d'oiseaux, le martin-pêcheur local se laisse approcher de très près, les pélicans font des vols style bombardier, les hirondelles de sablent piquent en rase-mottes. 
Le matin on se lève avec le soleil et le reste se déroule tout seul, on décide de manger vers 12h30 et puis on se retrouve finalement trois heures plus tard à une dizaine sur la natte sous un arbre à manger des huîtres de palétuviers grillées arrosées au Bounouk frais (vin de Palme), on part ensuite à pied rendre visite à un village un peu isolé, on finit dans un grand match de foot avec les gamins pliés en deux devant le faux gardien de but gaffeur.
C'est tellement simple de bien s'entendre sans pour autant empiéter sur la vie des autres. Fini la mode, les voleurs, les mesquins, les arnaqueurs, les vantards, les gros cons, qu'ils soient blancs ou noirs, ils ne traînent pas trop par ici. Il suffit de changer de bolon, il y a peu de voiliers donc on choisit sa compagnie. Il y a tant de gentillesse chez les Casaçais que toutes les relations sont simplifiées, on cause de tout et bien par ici. 
A Cachouane on fait des pizza dans le four à pain de Papys et puis on sort les guitares et les tubes, ils répondent par le djeumbé et tout ça fini dans une ambiance d'enfer et plein de dents blanches qui rient dans le noir !
A Pointe-Saint Georges, Terence le boutiquier, nous a donné du poisson et le lendemain Guillaume lui a fait un pain.
Antoine qu'on connaît depuis 5 mn maxi nous propose de revenir une autre fois pour partir à pied visiter le village de sa famille. A Egueye, Elhadj redouble de questions sur les voiliers et l'amitié se tisse pour de vrai. 
Du coup, on doit repasser par là pour faire un ponton, par ici pour faire une petite brochure du campement, ailleurs pour voir comment on plante le riz, deux ou trois familles à visiter, enfin bon le stress quoi !
Pour le moment nous sommes à Ziguinchor, capitale de Casamance aux températures très très estivales, tout les atouts de Dakar sans les défauts, on aime, on visite. Les voiliers sont mouillés devant un hôtel qui fourni Internet et la baignade dans la piscine (moyennant finance). Pas de refus, il fait 40°C à l'ombre en pleine journée...
Charlotte et Guillaume ont partagé ces premiers jours en Casamance et notre émerveillement. Pour nous c'est vraiment important d'avoir des amis "terriens" de notre vie d'avant qui savent ce que nous faisons et qui rencontrent en même temps les nouveaux amis "marins". Je n'aime pas ces définitions terriens et marins mais bon c'est pratique pour expliquer. D'ailleurs la mayonnaise a tellement bien pris que nous sommes épuisés par ces dix jours de fêtes !!! Ils sont remontés dans l'avion jeudi et ça nous a fait tout drôle...
Encore quelques jours de ville et de communication interplanétaire et hop nous repartirons dans les bolons. Djouloulou et chsaipaou avec Corianaze c'est là qu'on va !
Tiens au fait, Loïc s'est fait une tête de rockeur, en vrai c'est parce qu'on l'a chopé avec la tondeuse en main...
;-)
16:08 Publié dans Le voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
jeudi, 12 avril 2007
De Dakar à la Casamance
Debout à l’étrave j’entame mon premier quart. La nuit a fait disparaître l’horizon, le ciel et mer se confondent parfaitement. Autour de moi bruisse l’air tiède et humide du tropique enfin trouvé.
Sur ma tête, les étoiles s’assemblent en constellations. Quelques unes récemment décryptées sont devenues des amies. Le bon chien et son gros œil brillant qui s’appelle Mirzia (z’avez pas vu Mirza ?) veille à côté d’Orion avec sa massue et son arc, le taureau et ses longues cornes traîne dans un coin, les jumeaux et leurs deux têtes scintillent, la croix du sud ouvre la route.
Sous mes pieds, Kala nag file doucement sous voilure réduite pour ne pas arriver trop tôt dans la passe du fleuve Casamance. L’eau contient ce soir plus d’étoiles que le ciel tout entier. Il semble que toutes les créatures se soient donné rendez-vous pour scintiller dans l’eau noire. Chaque mouvement avive les phosphorescences et le bateau déploie de part et d’autre de longs pétales de lumière. Les petits poissons effrayés sautent en étincelles et les gros attirés foncent en tourbillons sous la carène. Des masses lumineuses émergent parfois soudainement, se répercutent en onde choc et créent alors des lacs de lumière de plusieurs dizaines de mètres, ça éclaire même les voiles. C’est beau, c’est indescriptible, in-filmable, in-photografiable, c’est insupportable de voir ces cinq énormes chalutiers russes ou japonais racler les dix mètres de fond les plus riches de la terre sans vergogne en plein printemps.
La journée n’est pas mal non plus, allongés dans le cockpit sous le soleil avec un bon bouquin. Des centaines de méduses défilent autour de nous, elles sont roses et bleues à voile, blanches petites ou grosses… L’océan nous offre des moments inoubliables, pas de houle, juste une brise, on aimerait que ça dure toujours, que la Casamance recule au fur et à mesure que le temps se maintient. 
Après deux nuits en mer nous embouquons la passe et retrouvons Coriana venue nous escorter dans son jardin favori : la Casmance. Là aussi c’est l’émerveillement complet : les premiers bolons, palmiers et baobabs, les oiseaux, les palétuviers aux racines chargées d’huîtres (miam !), les petites plages blanches et l’eau brune verte des estuaires. Première à gauche, on traverse pour éviter un banc de sable, on file vent arrière avec la montante et hop l’ancre tombe : c’est Cachouane.
De la rive les Kassoumaye fusent ("ça va ?" en Diola) et les amis heureux de retrouver Coriana viennent avec les djeumbés chanter pour nous accueillir, la moitié des gens danse dans l’eau (elle est à 27°C…) et une pirogue file nous chercher. Petit moment surréaliste, on se croit tombés en plein tournage de film ou de reportage National Georaphic…
Le tourbillon terrestre s’amorce à nouveau, on rencontre un nouveau peuple, on retrouve des voiliers connus, c’est Pâques à Cachouane. Le lendemain une messe incroyable fini en musique avec la bonne sœur et le curé qui ondulent au son des tams tams et de la chorale. Pour voir la super vidéo sur le site de Coriana, cliquez là ! Guillaume et Charlotte venus de France passer leurs vacances à bord arrivent juste à point après un jeu de piste « avion, aéroport de Dakar, nuit au CVD, avion, aéroport de Ziguinchor, taxi brousse qui tombe en rade, Elinkine, pirogue puis Cachouane ». 
La fête monte d’un ton, le bounouk (vin de palme) coule à flot, les villageois sont tout bonnement excellents. Les anciens nous couvent, on danse et puis nous sommes conviés à partager le cochon de Pâques (meilleur que le lapin) et le riz. On mange tous ensemble dans de grands plats, on plonge les doigts et on saisit un bon bout de gras enveloppé de riz cultivé au village. Un délice !!! On mange longtemps et beaucoup et on cause, à l’ombre des cocotiers. Ensuite on danse, on redanse jusqu’à plus possible. Quel accueil ! 
Les nuits paraissent trop longues et les journées trop courtes. On pose le filet de pêche (pour l’instant c’est bredouille), on essaie l’annexe (un bijou flottant), on change de bolon à cinq bateaux pour s’enfoncer plus en avant. Coriana, qui n’a pas de quille fait la route et prévient des zones ensablées sur la VHF, le message passe de voilier à voilier pour finir chez « Lili » les copains belges et leur 2,40 mètres de tirant d’eau.
On mouille au fin fond dans 3 mètres d’eau au pied d’un campement (auberges locales) magnifique et de sa petite plage de sable clair. Les sentiers mènent à d’autres bolons, on goûte de nouveaux fruits en marchant, des tas d'oiseaux s’envolent devant nous ; Il fait beau, nous sommes pleins d’amis dans un pays merveilleux, le bonheur est là. Demain on part en annexe, à pied puis en taxi brousse pour aller à la ville du Cap Skiring vous envoyer des nouvelles et faire quelques courses puis nous retournerons nous perdre dans les méandres affectueux du fleuve et de ses habitants.
Guigui dit : « D’accord… la vie est dure. Mais avec du soleil (indice UV max), de la crème (à 10 dollars le flaconnoux) et quelques cloques (qui finissent toujours en bronzage), elle se ramollit bien bien bien. »
16:09 Publié dans Le voyage | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
mercredi, 04 avril 2007
En route pour la Casamance !!!
Nous voici sur le départ de Dakar, qui malgré le charme de certains de ses quartiers et certains de ses marchés reste bourrée d'une infame poussière et pollution. Ce matin nous avons lessivé le pont à grandes eaux, tout était poisseux de terre collée par le vent et il nous a fallu la journée pour remettre le rafiot en état et gratter sous l'annexe devenue plus chevelue que les rastaqouères locaux... Mais ce sont de saines activités qui fleurent bon le départ alors le coeur est à l'ouvrage ! 
Pour ce qui est des news, il faudra être patient, fini l'Internet à tout bout de champ, dorénavant, il faudra faire des milles sur le fleuve pour se connecter... Mais les histoires seront d'autant plus savoureuses alors restez branchés !!
A bientôt du fin fond de la Casamance ! Si vous nous cherchez appelez nous le soir sur notre portable sénégalais au : (00 221) 252 42 94
16:10 Publié dans Le voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note










